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Tests Watch Dogs: Legion

Watch Dogs: Legion

Après le loup solitaire en vendetta contre la mafia de Chicago, et la bande d'amis de San Francisco face à un géant numérique, que vaut cet épisode de la ville de Londres en proie au fascisme ?
Karim "Linkoy" Lahcène 28 octobre 2020

Watch Dogs: Legion est un jeu qui a suscité beaucoup d'interrogations lors de sa révélation. La première raison réside dans l'énième changement de formule pour la saga, ce qui peut étonner. Après les aventures d'Aiden Pierce dans le premier opus, beaucoup reprochaient un manque de profondeur dans le récit et un héros trop stéréotypé. Comme Ubisoft en a l'habitude, il a refaçonné son jeu de hackeurs pour s'accorder aux attentes du public. Ce qui fut une réussite, puisque les péripéties de Marcus et sa bande avaient davantage séduit l'audience.

On pouvait donc s'attendre à ce que le studio se repose sur ses lauriers - comme il lui est si souvent reproché - pour nous proposer un troisième volet très proche, saupoudré de quelques améliorations.

Comme vous pouvez le savoir si vous avez suivi les actualités vidéoludiques (et nos preview), ce n'est pas du tout le cas. La recette a été chamboulée car nous n'incarnons plus un héros défini, mais un groupe qui peut être composé de qui bon nous semble parmi les citoyens de la capitale britannique. C'est ce point qui suscite le plus d'interrogation et, surtout, d'intérêt pour ce nouvel opus.

Que vaut Watch Dogs: Legion et la liberté de recruté n'importe quel PNJ une fois la manette en main ? C'est ce que nous allons aborder immédiatement.

Avant toute chose, plaçons l'histoire et le cadre de l'aventure. L'action se déroule à Londres dans un très proche futur alternatif. Après une série d'attentats meurtriers, le groupe Dedsec est accusé à tort d'être l'auteur. Rapidement, la société de hackeurs est réduite à néant et la capitale se retrouve sous la coupe de factions néfastes, que cela soit le clan mafieux de Mary Kelley ou la milice fasciste Albion. Dedsec doit repartir de rien pour prouver son innocence et sauver Londres de la menace dictatoriale qui la guette. Nous ne dévoilerons rien de plus que les prémices pour vous laisser le plaisir de la découverte mais nous livrerons tout de même nos sensations et ressenties de nos pérégrinations.

Autant vous le dire tout de suite, le scénario ne nous a pas émerveillé, malgré une introduction engageante. Si l'idée de crée son groupe de protagonistes pouvait être alléchante, elle devient la plus grande tare pour faire ressentir une certaine immersion.

Peut-être est-ce dû au fait qu'il ne peut y avoir de développement de personnage, au mauvais doublage (même en V.O) et pauvres animations lors des cutscenes, ou encore à l'absence de véritable caractère de la part des recrues ? En tout cas, l'aventure manque énormément de saveur et de profondeur. Et ne comptez pas sur les personnages « fixes » pour relever la barre, ils sont tout aussi insipides que ceux anciennement PNJ.

Nous reconnaissons le travail qu'a dû représenter l'animation de tous les modèles et les nombreux doublages pour chaque cutscene. Mais de notre point de vue de joueur, manette en main, la prouesse technique ne se fait pas ressentir et le plaisir n'est pas là. Au final, on ne fait que traverser l'histoire aux travers de missions et de quelques échanges entre Sabine, la chef et dernière survivante de Dedsec, et Bagley, l'IA qui nous sert de guide, entrecoupés de quelques remarques éphémères de nos pauvres membres pour tenter de leurs donner de la consistance.

Malgré les avoir nous-mêmes choisis, d'avoir entraperçu leur vie et traversé des aventures, on se sent moins proche d'eux que de la cellule de Dedsec à San Francisco avec qui nous avons eu le plaisir de lutter dans Watch Dogs 2.

Mais là où cela devient vraiment dommage, voire du gâchis, c'est que ce point essentiel de l'expérience, qui va jusqu'à donner son titre au jeu, n'a en fait que très peu d'impact sur le gameplay. Le recrutement est en soit une mécanique qui peut être amusante. Aller convaincre les citoyens britanniques de rejoindre un groupe de hackeurs rebelles en enquêtant sur leurs tracas pour montrer que vous êtes du bon côté de la justice est divertissant un certain temps, on vous l'accorde. Mais une fois recruté, les différentes caractéristiques n'ont au final presque aucune influence sur la manière de jouer. Ce qui pose la question du temps passé dessus, d'autant plus que les meilleurs recrues vous seront offertes quand vous aurez libéré un quartier (ou borough) de la ville.

Mais peu importe qui vous incarnerez, les missions, très répétitives, se déroulent toujours de la même manière en fin de compte. Vous devrez infiltrer un lieu où les gardes seront à l'affut. Pour vous aider, vous utiliserez les caméras de surveillances pour vous déplacer virtuellement dans le lieu en plaçant des pièges sur certains éléments de l'environnement. De temps en temps, un peu de piratage à distance ou d'utilisation de gadgets. Et voilà, vous avez fait le tour de l'expérience, avec certes quelques particularités propres à Watch Dogs: Legion mais rien de remarquable.

Mais en plus d'être répétitif, l'expérience est en réalité répétitive depuis six ans. Le gameplay lors des missions et les puzzles sont la quasi copie conforme du premier opus sortie en 2014 sur PlayStation 3 avec les gadgets introduits dans le second. Il était plus que temps pour le dernier épisode de cette ère de revoir un peu les interactions et de réellement se pencher sur l'aspect hacking qui ne délivre plus cette sensation d'interagir avec un monde connecté.

Un autre point à soulever qui gêne l'immersion est cette impression que le scénario et le background n'existent que lors des missions. Nous parcourons une ville hyperconnectée où tout est filmé, observé, analysé par des autorités fascistes qui ont tous les pouvoirs et n'ont que faire des libertés. Pourtant, vous pouvez voler n'importe quel véhicule, renverser et tuer n'importe quels passants sans que les forces de l'ordre ne sourcillent, ce qui détonne à l'extrême avec ce que l'on raconte lors des phases scénaristiques.

La volonté est clairement de laisser un confort de jeu en ne compliquant pas nos déplacements. Mais cela inflige vraiment une sensation de fausseté à la ville, comme si les choses ne devenaient « réelles » que lors des missions de la quête principale.

Alors, si le gameplay, le scénario et l'immersion font défaut, est-ce un jeu raté ? A vrai dire, tout dépend de votre tolérance à la cuisine d'Ubisoft. Si vous ne supportez pas le style de la maison des Assassin's Creed, passez votre chemin, vous ne trouverez absolument rien de révolutionnaire dans Watch Dogs: Legion.

Mais si, au contraire, vous êtes satisfait par le style du studio où vous devez prendre le contrôle d'un lieu pour y faire apparaitre la multitude de petites tâches et items à collectionner d'une partie de la carte, que vous aimez la navigation puzzles (casse-tête qui vous impose de trouver le bon chemin à travers les environnements pour obtenir une récompense), vous serez plus que contenter.

En conclusion, nous ne considérons pas Watch Dogs: Legion comme un jeu inoubliable et certainement pas le meilleur de la série. La formule est vieillissante est n'a pas su se renouveler malgré la nouvelle mécanique qui vous laisse libre de choisir vos héros. La promesse de composer son équipe avec n'importe qui est vraie mais n'a pas l'impact escompté. Si vous êtes un fan des Assassin's Creed et des premiers opus, vous pourrez y trouver votre compte. Par contre, si vous avez en horreur la politique du studio et sa formule de suites quasi identiques, abstenez-vous. Surtout avec ce mois de novembre qui sera particulièrement rude pour nos tirelires.

7
Bon sur 10 · Gamereactor France
Points forts La possibilité de recruter n'importe quel PNJ pour en faire un protagoniste à part entière ; une multitude de contenu, de quêtes annexes et mini-jeux pour se divertir ; Une histoire intéressante...
Points faibles ...Mais pas assez immersive ; Les missions trop répétitives ; Les mécanique de piratage trop vielles et ne délivrent plus la même sensation.
Note du réseau Moyenne sur 9 éditions Gamereactor
5,0
Gamereactor 5
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Profil complet 217 articles publiés
7
Bon Note du réseau sur 9 éditions
Fiche du jeu
Developer Ubisoft
Publisher Ubisoft
Release date 29 octobre 2020
Genre Action, RPG
Plateformes
PS4 PC Xbox One Stadia PS5 Xbox Series X
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1998 Publie depuis Indépendant depuis le premier jour.
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