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Life is Strange: True Colors

Notre test de l'excellent Life is Strange: True Colors !

Deck Nine Games redéfinit avec succès certains des fondamentaux de la série Life is Strange...

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Vous grandissez, apprenez de vos erreurs pour devenir une personne plus accomplie. Le passage compliqué de l'adolescence à l'âge adulte fait partie intégrante de la vie de tout à chacun. Et cela s'applique également à Life is Strange: True Colors, le nouvel épisode de la franchise narrative créée par Dontnod et sur laquelle se penche ici Deck Nine Games, qui s'était fortement illustré avec le spin-off Life is Strange: Before the Storm (en 2017).

True Colors ne se contente pas de suivre les traces de ses prédécesseurs, et nous délivre de nouveaux personnages, une nouvelle histoire ainsi que des pouvoirs inédits. Ce troisième épisode (quatrième si l'on compte Before the Storm du coup) semble amener la saga encore plus loin. Et pas seulement car le jeu a subi des améliorations techniques et graphiques, mais de la façon avec laquelle Deck Nine aborde la narration ainsi que certaines mécaniques de jeu intrigantes que nous avons découvertes avec joie. Mais LiS: True Colors est-il à la hauteur du premier épisode, une merveilleuse surprise qui a tout déclenché ? On va essayer de vous répondre.

Life is Strange: True Colors

Les émotions, celles qui rythment notre vie, qu'elles soient positives ou négatives. C'est le thème sous-jacent de True Colors, ode aux pouvoirs surnaturels d'Alex Chen, la nouvelle héroïne du jeu. Et l'on parle de vrais pouvoirs, car Alex peut voir l'aura des gens qu'elle rencontre, sentir leurs émotions et même les manipuler. Comme tout jeune adulte qui s'apprête à rentrer dans la vie et à affronter ses difficultés, le personnage doit apprendre à gérer ses émotions et ses pouvoirs. Nous sommes très loin des problèmes d'ados rencontrés par Chloé, Max et Rachel dans l'opus initial. True Colors essaye de plonger le joueur dans des thèmes profondément liés à l'âge adulte, en commençant par la faculté extraordinaire de pardonner autrui et, par-dessus-tout, de se pardonner soi-même...

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Mais commençons par le début. Comme nous l'avons dit, vous incarnez Alex, une jeune rebelle qui a récemment quitté le système compliqué de l'adoption et qui se sent prête à entamer sa nouvelle vie ailleurs. Un endroit où personne ne sait qui elle est, ce qu'elle a accompli dans le passé et pourquoi les émotions représentent une part si importante, voire écrasante, de son existence. Pour mener à bien cet objectif, Alex Chen choisit de se rendre a Haven Springs, une petite ville fictive du Colorado, où son frère aîné vit après avoir passé quelques temps en maison de correction. Ce lieu magique, perdu dans les montagnes et suspendu dans son atmosphère presque onirique, semble être le bon point de départ pour Alex ; la jeune protagoniste a un nouvel appartement, de nouveaux amis, un job, et retrouve son frère perdu de vue depuis de longues années...

La mort brutale de Gabe dans un accident va casser ce cycle idyllique. Un événement terrible qui va secouer la ville d'ordinaire si paisible, et qui va surtout anéantir Alex. Mettant de côté la douleur d'avoir perdu son frère qu'elle venait de retrouver, la jeune femme, accompagnée de deux de ses amis (Steph et Ryan) décide d'enquêter sur cette histoire, ayant le sentiment que son frère a été assassiné. Grâce à ses pouvoirs lui permettant de lire les émotions, Alex va essayer de trouver une réponse et est prête à faire tout ce qu'elle peut pour rendre justice à son fraternel, quitte à faire face à sa véritable personnalité.

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Une fois de plus, Deck Nine a réussi à faire mouche. Il est vrai que la (sous-)intrigue aux aspects de polar sert principalement de prétexte narratif pour se focaliser sur autre chose. Mais en même temps, elle se révèle fluide et captivante malgré sa simplicité. Dans True Colors, on ne s'ennuie jamais, et cela grâce notamment à un casting charismatique, porté par Alex Chen donc, Steph et Ryan (et aussi quelques personnages secondaires à découvrir pendant votre partie). Et s'il est vrai que le jeu ne semble pas se distinguer grandement des chapitres précédents en termes d'implication émotionnelle, la nouvelle œuvre de Deck Nine tend vers quelque chose de différent, pas seulement car il voulait montrer qu'il a écouté les fans et leurs critiques, mais aussi pour rajeunir son produit.

Mais je ne le cache pas : je n'aime pas toutes les nouveautés introduites. La première différence que True Colors tisse avec ses prédécesseurs est sa structure narrative. Bien que le jeu conserve une subdivision en chapitres, il perd complètement l'unicité qui a toujours distingué la franchise Life is Strange, c'est-à-dire son aspect de série télévisée. Plus de cliffhanger à la fin d'un épisode, plus de suspense qui use l'âme en attendant le prochain épisode, qui sort généralement après des mois. Rien de tout ça. À l'instar des séries télévisées dont elle s'inspire, qui ont elles-mêmes subi un changement majeur en termes de gimmicks narratifs et de format, True Colors sortira en une seule solution, en une seule saison. À l'image des séries que l'on regarde aujourd'hui sur Netflix et que l'on peut binge-watch (ou binge-play, dans le cas présent) jusqu'à les finir en peu de temps.

En d'autres termes, le joueur a carte blanche, est libre de décider à quels chapitres il veut jouer et peut même les enchaîner (chacun ayant une durée variable de 2 à 3 heures). Comme on a toujours joué aux jeux vidéo finalement. Mais personnellement, je n'ai pas apprécié ce choix, car le jeu s'en trouve dénaturé et ne permet plus à Life is Strange de se démarquer des autres productions vidéoludiques. Pourquoi retirer ce qui rendait la série si originale à sa manière ? Et puis il y a l'exploration, la possibilité d'aller de l'avant et de découvrir la petite ville de Haven Springs...

Lorsque le jeu a été annoncé, Deck Nine assurait que les joueurs auraient plus de liberté pour se promener dans la ville et de nouveaux dialogues pour approfondir le lore des personnages (et de Haven Springs). Il est dommage que le résultat ne soit pas si satisfaisant : s'il est vrai que cela devient une agréable diversion, une petite chasse au trésor, ainsi qu'un moyen de s'entraîner à utiliser les pouvoirs d'Alex, cette dynamique n'offre pas beaucoup plus. Certes, elle offre une certaine rejouabilité à chaque épisode - tout comme la mécanique des choix, qui reste une constante ici (avec plus d'impact d'ailleurs, mais nous y reviendrons) - mais pas le juste sentiment d'ouverture ou d'épanouissement que nous attendions.

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Mais nos critiques s'arrêtent là rassurez-vous, car Life is Strange: True Colors est un jeu finalement assez incroyable. Visuellement, la ville de Haven Springs est riche de détails, avec une excellente utilisation de la lumière. Nous n'avons pas la sensation d'explorer un monde plat mais un monde vivant dans lequel on se déplace avec plaisir. On peut aussi remercier les quêtes secondaires totalement optionnelles qui permettent de modifier les interactions et relations d'Alex avec certains PNJ. Une astuce permettant de tisser une relation plus personnelle avec ce monde et ses personnages, monde que je vous recommande vivement d'explorer. Ce troisième chapitre est probablement le plus amusant et innovant de tous, grâce à sa métatextualité. Mais je n'en dirai pas plus pour ne rien gâcher...

Pourtant, en plus de nombreux autres petits goodies, comme les cabinets d'arcade où l'on peut s'adonner à des jeux de type hit-and-run comme Arkanoid ou Mine Haunt ! (un mini jeu 8-bit spécialement créé par Deck Nine), ce qui reste le véritable cœur de Life is Strange : True Colors est son intrigue. Par rapport aux expériences précédentes, le titre donne un poids différent aux choix que nous ferons au sein du jeu, en leur donnant notamment plus de profondeur ; le système de choix binaires a disparu pour laisser place à un mécanisme plus structuré et multicouche qui permet d'aboutir à bien plus de résultats différents, mais qui rend l'histoire plus fluide, plus cohérente et bien plus personnelle que par le passé. Et c'est ici que l'on perçoit la véritable révolution que la série Life is Strange a entamée : elle a atteint une certaine maturité, consciente des erreurs du passé pour offrir une meilleure expérience. Même les choix que nous sommes appelés à faire en tant qu'Alex donnent le sentiment d'être déterminants.

Tout comme Alex qui a la capacité de contrôler les émotions, nous éprouvons ce sentiment d'omnipotence de contrôler réellement l'ambiance du jeu et de construire une expérience de jeu qui soit la meilleure possible.

Life is Strange: True Colors

Dernier point mais pas des moindres, la musique. Occupant toujours la place de catalyseur d'émotions dans la série, elle se révèle être une véritable plus value et devient presque essentielle. Et pas seulement parce qu'Alex elle-même entretient une relation importante avec elle - en effet, nous pouvons également apprécier quelques délicieuses réinterprétations de titre comme Creep de Radiohead ou Blister in the Sun de Violent Femmes - mais parce que la musique dicte le rythme et le déroulement de l'histoire, sans jamais être envahissante. Outre quelques tubes pop-rock connus du grand public, la bande originale signée Angus & Julia Stone est probablement l'une des plus intenses et des mieux soignées de toute la série, qui n'a rien à envier à celle de Syd Matters ou Daughter. Les moments Zen, ces petits instants suspendus où le personnage peut décider des choix à faire ou s'accorder un temps pour respirer, restent toujours une partie intégrante de l'histoire, et la musique de ces séquences reste un élément essentiel et catalyseur.

Nous avons adoré nos heures passées avec Life is Strange : True Colors. Bien que Deck Nine ait voulu essayer de réécrire certains des fondamentaux de la franchise, bouleversant quelque peu ses intentions initiales, il a probablement produit le deuxième meilleur Life is Strange de l'histoire de la série, et ce pour plusieurs raisons. En plus d'offrir une histoire plus mature, un aspect qui se manifeste également par une utilisation plus consciente du système de choix, les personnages sont écrits avec une perfection impressionnante qui nous laisse sans voix, c'est pourquoi il semble impossible de ne pas s'attacher et de ne pas s'impliquer profondément dans l'histoire. L'utilisation parfaite de la musique, combinée à quelques solutions méta-textuelles ingénieuses en termes de gameplay, font de Life is Strange : True Colors l'un des meilleurs chapitres de la série. On vous le recommande vivement !

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09 Gamereactor France
9 / 10
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