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Guilty Gear: Strive

Notre test de Guilty Gear: Strive

Une redéfinition du jeu de combat, malheureusement pas sans quelques gros défauts.

De temps en temps, un jeu de combat promet de revitaliser le genre et la communauté. Souvent pour différentes raisons, et la plupart du temps sans succès. Mortal Kombat 9 a simplifié la franchise et a réussi à rendre le mode solo d'un jeu de combat intéressant. Street Fighter 4 a relancé le genre, dormant à l'époque. Super Smash Bros. Ultimate faisait de l'œil à TOUT les fans. Dragon Ball FighterZ a créé un nouvel intérêt du genre comme sport à regarder. Avec Guilty Gear Strive, Arc System Works souhaitait établir un point d'entrée plus accessible tout en révolutionnant l'expérience en ligne du jeu de combat.

Guilty Gear: Strive

La hype montait doucement, certain s'attendant même à voir Strive détrôner Dragon Ball FighterZ et devenir le jeu de combat le plus populaire, à la fois en nombre de joueurs et en spectateurs. Le jeu est sorti depuis une semaine, et le résultat est inégal, excellent sur certains aspects et catastrophique sur d'autres.

Rembobinons un peu. Qu'est-ce que Guilty Gear ? Même Arc System Works ? Le studio est renommé pour produite les meilleurs jeux de combat "anime japonais" depuis plusieurs années. Avec des titres comme BlazBlue, Persona 4 Arena et bien évidemment, Dragon Ball FighterZ. Ils proposent tous un gameplay axé sur les combos avec des mécaniques, au premier regard, très simples, mais cachant une profondeur incroyable. Avant FighterZ, ArcSystem développait des jeux très bons, mais niche. Guilty Gear est leur franchise et aussi leur premier jeu, il est donc bon de les voir revenir à leurs racines avec Strive, dernier opus d'une longue saga de jeux de combats inspirés de l'univers métal.

Guilty Gear Strive veut simplifier l'expérience Guilty Gear en gardant la vitesse et l'intensité pour lesquelles la licence est connue. Vous jouez l'un des 15 personnages du roster de base, chacun avec ses spécificités. Le gameplay est celui des jeux de combats en 2D, avec des mécaniques tirées des anime-fighters, comme les dashs aériens, les doubles sauts et des combos complexes. Combos complexes qui ont été revues à la baisse pour cet opus, tout en gardant le cœur de ce qui rend Guilty Gear unique.

Les personages ont des movesets simples à apprendre mais très complexe à complètement maitriser, ce qui rend l'exploration du roster extrêmement gratifiante, certains personnages donnant carrément l'impression de venir d'un tout autre jeu. Les combats se font en deux manches gagnantes et les dégâts sont adaptés pour rendre les combats gratifiants et grisants. Et ce même avec des personnages comme Potemkin, dont certains coups peuvent annihiler la moitié de votre barre de vie d'un coup. Tout ces systèmes et équilibrages créent les combats les plus addictifs du milieu.

Apprendre aux néophytes

Le combat est le cœur de Strive, mais comment apprendre à jouer ? Le jeu débute avec un tutoriel qui passe a côté de la plupart des mécaniques complexes du jeu, mais le mode mission compense cette absence en proposant un guide ultra-complet de toutes les mécaniques, des exemples de combos pour chaque personnage et même des astuces pour jouer correctement contre les autres membres du roster. Vous y trouverez des mécaniques connues de la licence comme la défense parfaite et la nouvelle version de la mécanique phare de Guilty Gear, le Roman Cancel. L'expérimentation est fortement encouragée et cette façon d'enseigner le jeu vous ouvre des pistes que vous pourrez ensuite explorer en entrainement libre.

Le reste du contenu solo se résume à deux modes : le mode arcade traditionnel, contre des combattants devenant de plus en plus forts, et le mode histoire, qui n'est au final qu'une longue cinématique sans combat. L'aspect visuel est très réussi et cette campagne a de bons moments mais il risque d'être compliqué pour les personnes découvrant la licence de pleinement s'y immerger. En deux décennies, Guilty Gear a créé l'un des univers les plus complexes autour d'un jeu de combat. Le lore est extrêmement dense et pour cette raison, ArcSystem Works a également inclus un glossaire de personnage, une frise des évènements et même des arbres pour savoir quels personnages sont reliés. Si ces inclusions sont bonnes, il y a de fortes chances pour qu'elles découragent les nouveaux joueurs à cause de leur densité qui frise parfois le ridicule.

Guilty Gear: Strive

Et le réseau alors ?

Pour compenser le manque de fonctionnalités solo, le studio a beaucoup investi dans le mode en ligne. Il permet d'affronter des joueurs du monde entier via le netcode le plus robuste qu'il m'ait été donné de voir. A quelques matchs injouables près, toutes les parties donneront l'impression d'être jouées avec quelqu'un qui est dans la même pièce que vous. Plus possible de blâmer la connexion et de prier à chaque fois que l'on trouve un adversaire pour que le match soit fluide. C'est tout simplement bluffant de perfection.

Malheureusement, ArcSys a trouvé le moyen de ruiner la qualité de son netcode avec un système de lobby catastrophique. Vous y créez un avatar puis entrez dans ces salons pixelisés classés en fonction de votre rang. Les rangs sont symbolisés par une grande tour, chaque étage correspond à un rang et il y a un total de 10 étages plus un supplémentaire pour les meilleurs des meilleurs. Si l'idée de s'affronter pour gravir cette tour est bonne, l'implémentation est ratée. Pour trouver un adversaire, vous devez vous positionner prêt d'une sorte de borne d'arcade et attendre qu'un adversaire fasse de même. Simple en théorie, mais en pratique, ça ne fonctionne pas et on a du mal à comprendre pourquoi. Si deux joueurs tentent de rejoindre un troisième un même temps, il est même possible de se faire éjecter du salon.

Guilty Gear: Strive

Le premier weekend du jeu, j'ai joué sur PlayStation 5 et les choses se passaient bien, mais la version PC essuyait de graves problèmes. J'ai pu la tester et en effet, les choses étaient encore pire. Je n'ai pas pu me connecter pendant près de deux heures. Pire, mais les autres choix de design sont très étranges. Par exemple, une fois que vous avez un adversaire, vous pouvez l'affronter trois fois. Mais pas dans un best-of 3, juste trois fois. Tout ces problèmes et décisions bizarres sont extrêmement tristes lorsqu'on les compare au travail opéré sur le gameplay et le netcode.

Trop simpliste ?

La sortie du jeu a aussi provoqué des débats sur la simplification des movesets des personnages. ArcSys a expliqué plus d'une fois faire très attention à ne pas intimider les nouveaux joueurs. Et c'est une bonne idée, excellente même. Le problème étant qu'avec la durée, les personnages seront optimisés. La crainte réside dans la possibilité de voir la créativité chuter après que les combos les plus efficaces soient découverts. Il s'agit là de spéculations et il faudra attendre de voir si les mécaniques universelles ont suffisamment de complexité pour empêcher le stagnation. Pour le moment, de nouvelles choses quotidiennement pour chaque personnage, espérons que le jeu continue sur cette lancée.

Guilty Gear: Strive

Pour conclure, Guilty Gear Strive est un excellent jeu de combat, qui révolutionne le jeu a sa manière, mais n'arrive pas à atteindre la perfection qu'il vise à cause de problèmes techniques et choix de design hasardeux. Malgré ces défauts, Strive reste un must-play pour quiconque s'intéresse aux jeu de baston grâce à ses visuels, son gameplay et son netcode qui, nous ne le soulignerons jamais assez, est excellent. Nous avons également hâte de voir évoluer la scène compétitive du jeu. La note actuelle reflète l'état du jeu tel qu'il est à sa sortie et il ne fait aucun doute que des correctifs viendront améliorer l'état des lobbys. ArcSys a de grands projets pour Strive, avec pas moins de 5 personnages prévus dans le premier Season Pass, le futur promet.

08 Gamereactor France
8 / 10
+
Les visuels, le gameplay, le mode mission, le netcode (bon sang le netcode !)
-
Le système de lobby, le tutoriel de base trop simpliste
overall score
La moyenne de Gamereactor. Quelle note lui attribueriez vous? La moyenne est établie à partir des notes accordées par les différentes rédactions européennes de Gamereactor

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