Le projet de la FIFA de privatiser une partie de la Coupe du monde se heurte à un rejet massif de la part de l'UEFA
La FIFA n'est pas une organisation commerciale, mais elle a l'intention de créer une filiale qui permettrait l'entrée d'investisseurs privés.
L'annonce de la FIFA de vouloir privatiser une partie de la Coupe du monde, en vendant des participations minoritaires à des investisseurs extérieurs (et notamment à l’une d’entre elles, Thrive Eternal, dirigée par le frère du gendre de Donald Trump) a provoqué un tollé dans le monde du foot, suscitant des réactions de la part des fédérations de foot du monde entier, des responsables politiques et aussi de l’UEFA, qui a déclaré que la FIFA avait « franchi une ligne qu’il ne fallait jamais franchir ».
Dans son communiqué, la FIFA a indiqué vouloir créer une nouvelle filiale baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE), chargée de superviser les opérations commerciales et événementielles, contrôlée par la FIFA mais avec des investisseurs externes. Pour ça, elle doit d’abord obtenir l’accord des 211 membres de la FIFA.
Elle estime que ça pourrait porter le financement total prévu par la FIFA pour le développement à plus de 10 milliards de dollars en quatre ans, ce qui serait le plus gros investissement jamais réalisé par une organisation sportive. Chaque membre recevrait immédiatement entre 8 et 20 millions de dollars de capital à investir dans le sport : infrastructures, encadrement, équipes nationales, compétitions, football féminin…
Une faille pour tirer profit de la Coupe du monde ?
Comme la FIFA est enregistrée en tant qu’association à but non lucratif et ne peut légalement avoir de propriétaires, Infantino exploiterait une « faille » avec cette nouvelle filiale, la FFE, comme l’explique le journaliste George Jarjour, pour continuer à tirer profit de la Coupe du monde et d’autres compétitions.
Mais ce projet s'est heurté à un rejet massif de la part de l'UEFA, qui a déclaré qu'« aucun d'entre nous n'est propriétaire du football ». « L’âme et la gouvernance du foot ne sont pas des actifs à négocier – surtout sans aucune transparence sur qui en tire profit financièrement. Aucun d’entre nous n’est propriétaire du foot. Ce n’est pas à la FIFA de le vendre », et beaucoup s’attendent désormais à ce que l’UEFA organise un boycott lors d’une réunion d’urgence entre ses membres prévue cette semaine.
