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Dune, le film de la rentrée !

L'adaptation de Denis Villeneuve est un vibrant hommage à l'oeuvre de Frank Herbert.

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Pour beaucoup, adapter le roman de Frank Herbert, Dune (1965) était impossible, en raison de la complexité de l'œuvre. Le portage sur grand écran effectué par David Lynch en 1984, trop proche et sans personnalité, avait contribué à cela. A l'époque, le réalisateur de Mulholland Drive était très en vogue à Hollywood, avec quelques très bons films à son actif. C'est aussi le cas de Denis Villeneuve aujourd'hui. Alors a-t-il réussi à apprivoiser l'indomptable là où les plus talentueux ont échoué ?

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Autant le dire tout de suite : il y est largement parvenu. Tout est maîtrisé ici, la gestion des échelles, sa vision pure des grandeurs et la splendeur de ses panoramas. Et bien qu'il semble posséder toutes les caractéristiques du début d'un récit bien plus grand, il parvient à satisfaire et mettre en scène le roman de Frank Herbert d'une manière que l'on croyait impossible auparavant.

Pour ceux qui n'auraient pas lu le livre, Dune raconte l'histoire de la planète Arakkis et d'une guerre entre Maisons de pouvoir. Dans un futur proche, notre univers est dirigé par un seul empereur et de puissantes maisons l'entourent. Au centre de l'univers, une planète désertique regorge d'une substance mystique, indispensable au voyage interstellaire. La Maison Atreides se voit confier le contrôle d'Arrakis par l'empereur et la Maison Harkonnen est contrainte de se retirer après 80 ans de contrôle de gestion de la substance mystique, appelée « Epice ». Mais derrière ce geste, un plan diabolique se prépare, et c'est à l'héritier de la maison Atreides, Paul, de l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard.

Encore une fois, le roman de Herbert est une œuvre complexe et tenter de la retranscrire en un seul film (ni même une petite trilogie) n'est pas aisé. Mais le réalisateur canadien parvient à traiter avec soin la quantité d'informations essentielles dont l'œuvre regorge. Bien évidemment, certains aspects ne sont pas reproduits avec la même finesse, à l'instar des « videobooks » de Paul qui nous renseignent sur les Fremen, habitants « natifs » d'Arakkis. Mais dans la plupart des cas, le scénario avance avec un panache certain, une puissance et une détermination qui lui assure d'être suffisamment convaincant. Denis Villeneuve donne au film un ton brutal et inquiétant avec un rythme soutenu. Cela combiné à un sens de la théâtralité créent un émerveillement dans l'esprit du spectateur et ceci durant la majeure partie du film.

Bien sûr, cette réussite est menée par les performances extraordinaires des acteurs ; Thimothée Chalamet, Zendaya,Javier Bardem, Oscar Isaac, Josh Brolin ou encore Jason Momoa sont épatants dans Dune. Chacun d'entre eux remplit son rôle à la perfection, rendant les personnages distincts, crédibles et dignes d'intérêt. Bien sûr, certains moments donnent l'impression de ne pas avoir passé assez de temps avec chacun de ces personnages. Ce sentiment est exacerbé dans la deuxième partie du film où la destruction, l'ampleur et le poids épique du récit se font au détriment de la mise en relief des personnages (Gurney Halleck, interprété par Josh Brolin).

Dune

La nature très visuelle du film prend aussi beaucoup d'espace mais de la meilleure des manières. Monté de manière fantastique, parfaitement filmé et chorégraphié, Dune est une pure audace visuelle. Les vaisseaux spatiaux plus grands que de raison, les vers de sable (forme de vie native de la planète Arakkis) et même la décoration intérieure crient la décadence. Toutes ses images se succédant sont à couper le souffle, mettent les sens à rude épreuve et vous laissent cependant parfois sur votre faim. Tout cet univers est agrémenté et accentué par le travail de Hans Zimmer, qui réalise pour ce film l'une de ses meilleures bandes sonores. Elle se rapproche de celle de The Dark Knight Rises par son ampleur, mais s'en éloigne de par son côté subversif.

Mais attention, le film n'est pas parfait pour autant. Les scènes de combat rapproché sont par exemple peu convaincantes. Les générateurs de boucliers personnels sont bien sûr géniaux, mais la façon dont ils sont implémentés dans les combats rend ces derniers plutôt creux. Il est important de mentionner que le film n'est qu'une première partie et qu'une fin à l'intrigue n'est donc pas prévue dans ce premier opus.

Il s'agit donc d'une mise en place, et quelle mise en place ! Denis Villeneuve poursuit là où Blade Runner 2049 s'est arrêté, qui avait lui-même continué là où Arrival s'était interrompu, créant un parcours d'œuvres cinématographiques envoûtantes. Toutes plus attachantes les unes que les autres.

Denis Villeneuve est peut-être le réalisateur le plus talentueux du moment et, maintenant qu'il semble avoir conquis Dune, là où David Lynch a échoué, rien ne semble pouvoir freiner son ascension.

Dune

Dune est sorti dans nos salles obscures ce mercredi 15 septembre.

09 Gamereactor France
9 / 10
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