Dark Scrolls
Dark Scrolls Il ne cache pas ses sources d'inspiration, mais est-ce qu'il peut surpasser les meilleurs titres des genres dont il s'inspire ?
Dark Scrolls C’est un mélange trépidant de roguelite, de shoot ’em up et de jeu de plateforme d’arcade qui s’inspire clairement de plusieurs titres classiques, notamment Ghosts ’n Goblins, Castlevania, avec une petite touche de Mega Man en prime. Le principe est simple : choisis l’un des trois héros de départ, plonge dans un niveau généré aléatoirement et essaie de survivre jusqu’à la fin. Ce qui semble au premier abord être un jeu d’action rétro classique s’avère pourtant rapidement être un jeu bien plus profond que ne le laisse supposer son charmant graphisme en pixel art. Derrière ce jeu se cache le studio indépendant Doinksoft, qui s’est déjà fait un nom grâce à des titres acclamés et riches en pixels comme Gato Roboto et Gunbrella, et dont le sens caractéristique des mécanismes de jeu bien ficelés imprègne chaque image.
Sa plus grande force, c’est sa variété. Il n’y a que quelques niveaux, mais ils sont générés par un moteur aléatoire, ce qui signifie que les environnements sont différents à chaque fois que tu joues. Ça élimine efficacement le sentiment de répétition qui gâchait souvent les anciens jeux de plateforme. La possibilité de choisir différents chemins pour atteindre l’objectif final rend aussi chaque partie unique. On retrouve ici des échos évidents de Castlevania : les choix que tu fais n’affectent pas seulement la difficulté, mais t’encouragent aussi à expérimenter tout au long du jeu, jusqu’aux combats de boss intenses, qui exigent que tu maîtrises parfaitement les mouvements de ton personnage.
Dans le jeu, on rencontre Grizz, un grand barbare barbu qui mise tout sur sa force brute, lançant de lourdes haches en arc de cercle et écrasant ses ennemis d’une puissante attaque au sol depuis les airs. À l’opposé, on trouve Pigeon, un voleur rapide et agile qui mise tout sur la mobilité : il lance des rafales de couteaux à la vitesse de l’éclair à courte portée et attaque à la verticale avec ses dagues en plein saut. Pour moi, cependant, c’est le sorcier Emerys qui s’est imposé comme un choix évident, car la combinaison d’une grande mobilité et de la capacité à attaquer à distance a rendu ce choix de personnage très facile. Ajoute à ça un large éventail de personnages à débloquer, dotés de capacités et de styles de jeu complètement différents. Le jeu propose au total neuf héros, et en explorant les recoins cachés, tu peux tout débloquer, d’un chien qui aboie à un rat qui joue du saxophone. Que tu préfères le combat au corps à corps, les rôles de soutien ou une approche plus agressive de type « run-and-gun », il y a de fortes chances que tu trouves ton personnage préféré.
Les compétences uniques des personnages ouvrent une multitude de possibilités en termes de variété et de défis. Je n’ai pas exploré le mode coop aussi en profondeur que le mode solo, mais la diversité des héros est à mes yeux l’un des principaux atouts de ce mode. Tout comme dans Golden Axe, il y a de superbes possibilités de combiner les atouts uniques des différents personnages. Le charmant graphisme en pixel art s’accompagne également d’une bande-son entraînante au style rétro qui fait monter l’adrénaline pendant les combats les plus chaotiques.
Le système d’amélioration est un autre vrai coup de cœur. Tu collectes des cristaux que tu peux ensuite échanger contre diverses compétences. Créer des synergies entre des vampires qui volent de la vie, des elfes serviables et des projectiles plus rapides te donne un réel sentiment de progression tout au long de chaque partie. Il y a peu de choses aussi satisfaisantes que le sentiment d’avoir trouvé la bonne combinaison de compétences qui transforme des combats chaotiques en marches triomphales bien huilées.
Malgré son nom, " Dark Scrolls " est aussi bien plus équilibré qu’on pourrait s’y attendre. Le défi est bien là, mais le jeu donne rarement l’impression d’être injuste. Les échecs sont plus souvent dus à tes propres erreurs qu’à des choix de conception frustrants, ce qui te donne envie de te lancer dans une nouvelle partie presque tout de suite.
Malheureusement, le jeu trébuche sur un point que de nombreux roguelites modernes ont désormais résolu plus efficacement : l’absence de système de sauvegarde. Tu ne peux pas sauvegarder entre les niveaux, ce qui implique – et exige – un investissement en temps plus important que nécessaire. Si tu veux conserver les cristaux que tu as collectés et mettre fin à ta session de jeu, tu es en fait obligé de terminer ta partie plus tôt que prévu. Ça semble inutilement fastidieux et ça risque de rebuter les joueurs qui n’ont pas toujours le temps de s’engager dans de longues sessions.
C’est dommage, car sinon, Dark Scrolls réussit le tour de force d’être à la fois divertissant dès le départ et addictif sur le long terme. La variété des niveaux, des personnages et des améliorations fait que le jeu propose sans cesse de nouvelles façons de jouer, et son ton léger équilibre à merveille l’intensité élevée du jeu. Le jeu n’est pas une révolution en soi et ne te donnera pas l’impression de jouer à quelque chose d’unique pour la première fois. Ses points forts résident justement dans le fait qu’il reprend de petits éléments de plusieurs séries de jeux de genres différents et les combine pour former un jeu très solide et divertissant.
Dark Scrolls Ce n’est peut-être pas le défi impitoyable que son nom laisse entendre, mais c’est un jeu d’action intelligemment conçu, charmant et très divertissant qui te donne du mal à lâcher la manette.








