D-topia
Marumittu Games nous emmène dans une utopie gérée par l'IA, où tu incarnes un employé chargé de veiller au bonheur des résidents et au bon fonctionnement de l'établissement.
Il y a quelque chose à dire sur un jeu vidéo qu’on ne peut pas facilement définir en une ou deux phrases. C’est souvent un défaut des jeux AAA et des grandes séries : tu n’as pas forcément besoin de jouer au jeu en question pour savoir de quoi il s’agit, mais c’est loin d’être le cas pour le développeur Marumittu Games et son projet D-topia.
Ce titre est un mélange de simulation de vie, de casse-tête et de jeu d’aventure, un projet où le but est de vivre dans un complexe utopique géré par une intelligence artificielle, avec le joueur dans le rôle d’un « Facilitateur », une personne dont la mission est de veiller au bonheur des résidents et au bon fonctionnement du complexe. En gros, tu incarnes un mélange de mécano et de responsable des ressources humaines : tu dois explorer le complexe, répondre aux préoccupations des résidents, réparer les dégâts, tout en respectant les règles (ou en les enfreignant si nécessaire) et en menant à bien ton travail quotidien.
Ouais, c’est un mélange un peu bizarre, mais comme chaque élément d’ D-topia est en fait proposé de manière assez rudimentaire, tout ça s’intègre parfaitement dans l’ensemble pour offrir une expérience agréable et pleine de charme. Il y a des personnages avec lesquels tu as envie de discuter, des énigmes ingénieuses et simples que tu veux résoudre, des objets à collectionner, et une routine quotidienne qui privilégie les sessions de jeu courtes, ce qui te permet de te connecter et de te déconnecter assez facilement. Ah, et n’oublions pas que tu peux laisser ta marque sur l’histoire en faisant des choix grâce à un système de ramifications spécifique, pour que les événements et la fin te parlent un peu plus personnellement.
Mais bon, concentrons-nous un peu plus en détail sur certains aspects, en commençant par le récit. C’est simple, mais efficace. Ce que Marumittu a concocté ne va pas te couper le souffle avec ses dialogues, mais il y a une prémisse sous-jacente qui est explorée chaque jour, liée à l’établissement dans son ensemble et à la façon dont les résidents humains vivent au gré de l’IA conservatrice, conçue pour s’assurer que les résidents soient toujours heureux. Sur le papier, ça a l’air d’être une super affaire de vivre à D-topia, mais ensuite, tu commences à découvrir des règles plus spécifiques, et comment les résidents qui enfreignent ces règles strictes sont envoyés en « rééducation » ailleurs… Le fait est que, au fur et à mesure que l’histoire se dévoile, tu sens qu’il y a quelque chose qui se cache dans les eaux d’ D-topia, si on peut dire, que cet établissement infaillible n’est pas aussi joyeux et irréprochable qu’il le prétend, et aller au fond de cette affaire devient un fil narratif clé et captivant à suivre.
En partant de là, on aborde ensuite les choix et leur impact sur l’ensemble de l’histoire. Le système de branches et les choix ne sont pas courants ; en fait, ils ne sont proposés que pendant les segments « Brain Meeting », où tu repasses en revue les informations précédemment recueillies pour parvenir à une réponse et une décision claires. Grâce à cette conception, tu seras souvent satisfait de tes choix, car le système d’organigramme te permet d’y réfléchir de manière critique, mais il y aura toujours des éléments qui te laisseront un peu inquiet, qu’il s’agisse de savoir comment le fait de couvrir les erreurs de quelqu’un d’autre va te faire mauvaise presse ou comment le fait de conseiller à quelqu’un d’éviter une intervention médicale va avoir un impact sur sa vie à long terme. C’est un équilibre intéressant, qui fonctionne bien dans la pratique.
En ce qui concerne l’aspect aventure, je pense que c’est là que « D-topia pèche le plus, tout simplement parce qu’il n’y a pas beaucoup d’endroits intéressants à explorer ni d’objets à trouver. La plupart du temps, tu vas te balader à la recherche de personnages clés avec qui discuter ou de terminaux « Block Side » avec lesquels interagir, pour pouvoir chasser les souris à collectionner qui peuplent la région alternative d’ D-topia. À part dépenser les crédits gagnés grâce à ton boulot quotidien pour acheter des objets de collection pour ton appart ou de la nourriture pour chat, il n’y a vraiment pas grand-chose à faire d’un point de vue aventure, surtout quand on considère la structure des niveaux et la façon dont le monde est essentiellement constitué d’une série de pièces interconnectées que tu explores en te déplaçant horizontalement. Ça marche, c’est sûr, mais ce n’est pas vraiment un choix de conception qui va faire sensation.
Les énigmes, en revanche, sont un domaine où j’ai l’impression qu’ D-topia ne va pas assez loin. Marumittu joue avec des idées et des mécanismes ingénieux dans ce petit segment du jeu, chaque série de niveaux proposant de nouveaux défis et de nouveaux systèmes. La philosophie de conception sous-jacente, c’est que toutes les énigmes sont assez faciles à comprendre, mais que les solutions peuvent être plus délicates à trouver. En gros, il s’agit de défis mathématiques basiques consistant à aller du point A au point B d’une manière spécifique, en utilisant toutes les tuiles d’une grille limitée tout en passant par des points de contrôle numérotés d’une certaine façon, voire en adoptant une situation de type « Démineur » où tu dois cocher certaines cases en fonction des chiffres indiqués sur les tuiles voisines. En gros, c’est simple mais aussi vraiment bien conçu, et je pense sincèrement que * D-topia * pourrait proposer deux à trois fois plus d’énigmes qu’il n’en a actuellement sans que tu te lasses de les résoudre petit à petit.
D-topia Le jeu n’est pas parfait et son rythme est peut-être un peu trop lent pour que certains joueurs l’apprécient, mais si tu te laisses porter par son ambiance décontractée et que tu y joues un peu chaque jour, tu finiras sûrement par l’adorer de plus en plus. Les personnages sont intéressants à découvrir, l’histoire est pleine de mystère et d’intrigues, les énigmes sont exceptionnelles, et il y a des éléments essentiels d’ D-topia qui sortent vraiment du lot. En plus, le jeu est conçu pour offrir une expérience plus concise : même s’il n’est pas trépidant, il ne s’éternise pas non plus. Au final, Marumittu nous a concocté ici un petit bijou indie, parfait pour les fans à la recherche d’un jeu un peu plus relaxant et apaisant cet été.







