Clairement en perte de vitesse depuis son deuxième opus, la franchise a visiblement bien fait de marquer une longue pause après le décevant Judgment. C'est un nouveau développeur qui a pris les choses en mains, les fondamentaux sont conservés. On retrouve la violence caractéristique de la série. De l'action brutale, sanglante et gore, bien plus poussé encore que dans la majorité des autres FPS, que l'on retrouve avec délectation dans ce Gears of War 4.
Comme on pouvait s'y attendre, on a ici le droit à la grosse artillerie. La campagne, tout d'abord, à laquelle on peut participer avec un ami, le mode Horde, ainsi évidemment qu'un multi (5vs5). Pour beaucoup, ce dernier constituera comme toujours l'essentiel de l'épopée, que ce soit en ligne ou en local.
La campagne débute avec quelques flashbacks, sorte de tutoriel instructif, et présente aux nouveaux joueurs la franchise le background et certains personnages. Après cette longue introduction, la campagne est un peu morne et il faut attendre le troisième acte (sur cinq) pour que les choses deviennent enfin intéressantes.
Les nouveaux personnages ne sont pas des durs à cuire et ont l'air d'autant plus faible qu'ils font une grande partie de la campagne aidée par Marcus. C'est un peu comme le récent Die Hard qui cherchait à passer le flambeau au fils McClane. Mais même si nous ne jouons pas le rôle de Marcus, on a toujours l'impression que c'est l'homme qui domine et que nous sommes de nouvelles recrues juste là pour enfoncer les portes (on enfonce un nombre assez excessif de portes dans ce jeu...). Kait est le personnage qui nous a le plus séduit. Comme JD, elle a un parent (dans le cas présent, une mère) qui est une vraie dure. Presque autant que Marcus ! Del se sent certainement comme la troisième roue du carrosse, même s'il a une longue histoire avec JD et connait bien Marcus. Son rôle dans l'équipe est de faire des blagues comme pour souligner l'évidence, souvent longtemps après que le joueur ait déjà compris les choses...
Il est facile de critiquer Gears pour son approche plutôt clichée de sa narration. Mais c'est en partie ce que nous aimons à propos de la série, un peu comme un bon film d'action, on reste souvent à la surface des chose. Mais Gears of War 4 fait l'erreur de trop s'attarder sur le récit et des dialogues surfaits. On peut accepter que l'histoire soit un peu niaise et les personnages pas assez développés, mais c'est ici quand même un brin exagéré. Particulièrement au début. Sans doute une tentative de nous faire connaitre le nouveau casting, mais peut-être les aurions-nous apprécié davantage si l'accent avait été mis ailleurs...
Les armes ont toujours été importantes dans la série. Le Lancer est bien sûr encore là, à la fois en version rétro et dans une forme plus moderne. Mais c'est avec l'artillerie lourde que nous avons pris le plus de plaisir. Le buzzkill est notre nouveau favori. Le Dropshot est lui extrêmement puissant. Difficile à manier, nous lui préférons les armes plus traditionnelles comme le Boomer, le Mulcher, le Longshot ou le nouveau fusil de sniper DeeBee.
Mais le Dropshot reste de loin l'arme que l'on préfère ne pas voir tomber aux mains des ennemis... En revanche, nous n'avons jamais pris goût aux fusils de chasse, du moins pas pour la campagne (ils sont utiles parfois en mode Horde et en Versus).

Alors que le gameplay reste largement le même (tir à l'aveugle, reload actif...), quelques ajouts ont été apportés pour le combat rapproché. Maintenant, vous pouvez attraper un ennemi par derrière et le tuer avec votre couteau de combat ou courir dans une haie, y entrer et étourdir votre adversaire avant de lui asséner le coup de grâce. Par ailleurs, nous ne sommes pas de grands fans des boutons qui apparaissent sur l'écran et viennent casser la fluidité du jeu, mais ce qui reste génial c'est l'équilibre entre les combat et les moments où on doit temporiser et se protéger. Dans la lignée de la licence...
Si la campagne a du mal à décoller, c'est aussi à cause des ennemies rencontrés au départ. Des robots qui se comportent de manière similaire aux Locustes, mais qui n'offrent pas la jouissance ressentie lorsqu'on explose un être humain constitué de chair et sang. Patience donc de pouvoir zigouiller autre chose que des machines...
Par moments, Gears of War 4 est juste sublime. Ce n'est certes pas parfait et il y a quelques petits défauts ci et là (reflets, lumière, textures étranges...). Cependant, on a l'impression que l'attention portée aux détails est parfois tellement incroyable qu'on est forcément un peu déçu quand on parcourt des environnements ternes, fades. A mesure que vous progressez, vous allez voir plus de rouille, de métal et de chair, il semble que l'équipe de conception ait été alors plus inspirée dans le travail des détails et du style. A noter également le travail effectué sur l'interface, moderne et relativement intuitive.

Comme tous les FPS ou presque, cet opus n'offre pas plus de dix heures en mode solo. Certains chapitres sont plus longs que d'autres, mais le rythme est globalement bon, ce qui n'est pas une surprise car ça a toujours été une des qualités des Gears. Cependant, bien qu'il y ait des moments intenses, on n'est pas dans la nervosité d'un survival horror non plus. Cela reste un jeu d'action où les ennemis arrivent directement à nous. Il y a un bon équilibre à trouver entre faire des débordements, se mettre à couvert et avancer vers l'ennemi, ce qui est ici appréciable.
Dans l'ensemble, nous sommes satisfaits mais pas bluffé par la campagne en général, laquelle se révèle être digne d'une telle franchise. Ne vous attendez pas à être transporté par le nouveau casting, mais vous retrouverez des anciennes connaissances et des ennemis avec du caractère qui compensent le manque de charisme des nouvelles recrues JD, Kait et Del.
En dehors de la campagne, le mode Horde est l'endroit où vous allez perfectionner vos compétences. Les ennemis y sont variés, allant de robots élémentaires comme ceux auxquels vous faites face au début de la campagne, à d'autres membres beaucoup plus coriaces de la Swarm (essaim en français). Les cartes de la Horde sont assez ouvertes de sorte à ce qu'on ait besoin de poser et réfléchir sur les chemins à emprunter. Le mode Horde est donc plutôt bien conçu et offre une progression riche et la possibilité de s'équiper à mesure que vous progressez dans les cinq classes disponibles.

Dans le mode Versus, on trouve 6 modes, comprenant des standards tels que Team Deathmatch,et des modes plus unique comme la course aux armements. Tout cela est très intense et si la campagne est assez mesurée, le mode Versus va plus loin. Nous avons principalement joué donc à Team Deathmatch en raison de quantités limitées de joueurs sur les serveurs, et nous réservons notre jugement plus global sur Versus jusqu'à ce qu'il y ait une communauté de joueurs plus fournie. Le mode devrait à n'en pas douter être grandement apprécié.
Si Gears of War 4 est un excellent jeu, il met toutefois du temps à devenir réellement intéressant. Contrairement à d'autres qui commencent fort et finissent laborieusement, c'est ici tout le contraire. Ce qui laisse une impression finale convaincante. Mais nécessite une certaine patience...
Au moment où nous rédigeons ces lignes, nous ne pouvons néanmoins pas donner nos impressions finales sur les modes Horde et multijoueurs en raison du manque de joueurs ayant encore accès au titre.