On a discuté avec Michael French MBE, le directeur du festival, pour en savoir plus sur la façon dont le London Games Festival continue de se développer pour son édition 2027, comment il continue de se positionner comme le principal salon du jeu vidéo au Royaume-Uni, et comment les tendances mondiales se comparent à celles du secteur britannique du jeu vidéo.
"Salut tout le monde et bienvenue de retour sur Gamereactor. Aujourd’hui, on a une interview vraiment passionnante à te proposer car je suis en compagnie de Michael French MBE, connu pour être le directeur du London Games Festival et également responsable des jeux vidéo chez Film London. Et si on parle de Michael aujourd’hui, c’est parce que le London Games Festival vient d’être confirmé pour son édition 2027, du 12 au 19 avril. Des événements sont prévus un peu partout dans la ville pendant toute cette période et, comme ces dernières années, le festival prend de plus en plus d’ampleur et s’améliore à chaque fois qu’il revient. Du coup, Michael, la première question que j’aimerais te poser c’est : est-ce que tu considères le London Games Festival comme le salon du jeu vidéo par excellence au Royaume-Uni de nos jours ? Salut Ben. Oui, je pense qu’en termes de chiffres, on peut sans problème dire qu’on est le plus grand événement dédié aux jeux vidéo au Royaume-Uni. On a progressivement développé le festival au cours des 11 éditions depuis 2016. Au début, on se concentrait surtout sur le contenu professionnel, on avait plein de super partenaires qui organisaient en quelque sorte des événements à part. Tu te souviens peut-être de l’EGX Rezzed et d’un événement appelé « Now Play This », consacré aux jeux expérimentaux, et qui se déroulaient dans le cadre de notre grand festival. Mais on a multiplié ce genre d’événements au fil du temps et maintenant, on a un salon grand public, où les gens peuvent venir jouer à de nouveaux jeux sympas et plein de trucs destinés aux pros en parallèle. Et ouais, je pense que les nombreux changements qui ont eu lieu dans les événements ces dernières années, tu sais, les choses ont changé, c’est tout à fait naturel que ça change, mais on est maintenant, je au sommet de la liste, ouais. Et toi, en parlant de certains de ces événements précédents qui sont déjà eu lieu et qui sont passés, est-ce que tu les as regardés et est-ce que tu t’es dit qu’ils avaient vraiment bien fait certaines choses, qu’ils avaient certaines choses vraiment, vraiment très bien, dans la manière dont ils ont en quelque sorte défendu l’industrie britannique du jeu vidéo, mais on peut s’inspirer de leur façon de faire et s’assurer de bien faire les choses, pas seulement pour l’ avenir proche, mais aussi, tu vois, à plus long terme, pour la vision à long terme de ce que devrait être le London Games Festival devrait être ? Ouais, on l’a fait et je pense qu’on a… Je veux dire, je suis curieux et passionné par ce qui se passe dans le monde du jeu vidéo et dans d’autres secteurs partout dans le monde, donc on est toujours ravis de découvrir de super idées et, tu sais, soit on s’en inspire, soit on essaie de les mettre en pratique nous-mêmes, et tout ça. Je pense que pour nous, l’essentiel, c’est que ça a toujours été, je devrais dire, on est financés par des fonds publics, donc on est financés par la mairie et le gouvernement britannique pour organiser cet événement, et, tu sais, on a la responsabilité de mettre en avant et de promouvoir l’industrie britannique du jeu vidéo, et aussi à contribuer à sa pérennité autant que possible. Donc oui, on s’inspire beaucoup des meilleures pratiques du passé, mais on fait aussi ce qu’il faut pour notre public actuel et notre communauté, que pour les gens qui pourraient nous rejoindre à l’avenir et les développeurs de demain. Donc, tu vois, on a une sélection officielle de jeux, de nouveaux jeux qu’on choisit chaque année, et c’est très soignée. On présente ces jeux lors du New Game Plus, qui est en soi une vitrine assez soigneusement sélectionnée de jeux, et puis du côté de l’industrie, tu sais, toutes nos actions sont plutôt ciblées sur des sujets précis, parce qu’on sait où on peut faire la différence. C’est vrai, on en a beaucoup discussions ces dernières années, y compris en interne, sur la place qu’occupe le Royaume-Uni sur la scène mondiale en matière d’événements et ce que ça implique pour notre secteur. Dans le cadre de cette discussion, on s’est vraiment beaucoup concentrés sur ce qu’on peut faire pour améliorer ça et changer ça. Ça revient surtout, tu vois, à trouver autant de moyens que possible pour soutenir les talents et aussi rendre le festival accessible, pas vrai ? Du coup, nos billets sont plutôt pas chers et, tu sais, même si on a plein de programmes où il faut postuler pour y participer, on propose aussi différentes façons d’aider les développeurs qui n’auraient peut-être pas les moyens, tu vois, faire le déplacement ou se le permettre, et tout ça. Donc, ouais, on réinvestit ça dans le secteur, en gros, on y consacre une grande partie de nos efforts et de notre énergie. Bon, évidemment, ça s’appelle le London Games Festival parce que c’est basé à Londres et que ça met l’accent sur, et bénéficie du soutien de, du maire de Londres et de tous ces différents acteurs qui entrent en jeu, mais comment considères-tu le London Games Festival comme une opportunité de soutenir et de développer le secteur britannique du dans son ensemble ? Ouais, c’est une bonne question. Tu sais, ça s’appelle « London Games Festival », c’est « Londres » dans le titre, pas vrai ? C’est Londres de nom, c’est Londres de lieu, et l’un de nos principaux soutiens, c’est la City de Londres elle-même, mais le festival a toujours été, et depuis le tout premier jour, on a veillé à ce qu’il s’adresse à tous les acteurs du secteur des jeux vidéo du pays, qu’il s’agisse d’un consommateur ou qui veut venir jouer à des jeux ou découvrir des nouveautés, ou un développeur du secteur et quelqu’un du milieu, pas vrai ? Ces dernières années, on a vraiment pu prouver qu’on on a un public majoritairement non londonien, avec environ 15 % de visiteurs internationaux, je crois, 40, 49 % viennent de l’extérieur, de l’extérieur du Grand Londres, et donc je pense qu’on a, je pense que tout ça montre bien qu’on a tout mis en œuvre pour s’assurer que nos émissions mettent en avant ces talents et qu’il y ait des moyens pour les gens de s’impliquer, et aussi, tu sais, quand on organise des choses comme notre sélection officielle, dont j’ai parlé, tu sais, on veille toujours à ce qu’il y ait des jeux britanniques dans la sélection ; parfois, ils ont leur propre catégorie, parfois il y a une catégorie « Londres » et une catégorie « Grande-Bretagne » , ça dépend des jeux qui nous sont proposés, mais on veille toujours à ce qu’il y en ait aux côtés des participants internationaux, donc ouais, je veux dire, c’est une responsabilité qu’on essaie de… qu’on prend au sérieux, je crois, ces derniers temps aussi, et aujourd’hui en particulier, enfin, tu sais, c’est ce sujet du soutien régional pour tout le pays, c’est un sujet auquel le gouvernement a toujours réfléchi , c’est un sujet brûlant en ce moment, on a toujours veillé à faire ce qu’il faut pour tout le monde dans le pays. Londres est la plus grande ville européenne pour les jeux vidéo, et c’est le plus grand pôle du Royaume-Uni, mais, tu sais, je pense que seulement 55 % de l’ secteur se trouve en fait en dehors de Londres, donc c’est tout à fait logique de, a, s’adresser à ces publics et ces développeurs, et puis c’est aussi tout à fait logique qu’ils viennent dans cette ville, parce que, tu sais, c’est la capitale du Royaume-Uni. Ouais, je veux dire, y a plein de développeurs qui sont basés en dehors de Londres, dans plein de pôles d’activité à travers le pays, comme Leamington Spa près de Birmingham, et plein d’autres endroits intéressants. Tu as évoqué, bien sûr, le soutien que tu reçois du bureau du maire de Londres et tout ça, comment tu t’y prends pour étendre ce soutien et d’élargir ton rayonnement politique ? Et, tu sais, avec le changement constant des dirigeants politiques, est-ce que tu dois parfois anticiper et te demander comment garantir le soutien futur du prochain maire de Londres quand il prendra ses fonctions en 2028 ou autre ?
Ouais, c’est une bonne question. C’est, tu sais, depuis que je travaille là-dessus depuis 2016, pas vrai ? En ce temps-là, on en est déjà à notre sixième Premier ministre, et Dieu sait combien de ministres de la Culture, pas vrai ? Mais on a eu un seul maire, non ? Et c’est ce même maire qui a été celui qui, avec son équipe, a fait preuve d’une grande vision d’avenir et nous a toujours soutenus. Tu sais, je pense qu’à ce niveau-là, notre plus grande victoire récente, c’est d’avoir obtenu un soutien national plus large . Mais je pense qu’on reconnaît désormais partout que les jeux vidéo est un secteur en pleine croissance, qu’ils font partie intégrante des industries créatives, et qu’ils méritent qu’on y investisse et qu’on y consacre du temps. Donc, tu vois, d’une certaine manière, la croissance de notre secteur au fil du temps, et sa légitimité culturelle grandissante, nous a en partie facilité la tâche. Mais on travaillons avec eux de très, très près. Et, tu sais, il s’agit de s’assurer que le festival soit un moyen de, on dit toujours que le festival est un moyen de changer les perceptions autour des jeux, pas vrai ? Que ce soit quelqu’un qui est sceptique, ou qui n’a pas joué depuis un moment, ou encore un parent qui pourrait être un peu, oh, tu sais, jepas trop sûr de ces jeux et je ne sais pas si je dois laisser mes enfants y jouer autant. Et on a toujours essayé de s’assurer que le contenu réponde en quelque sorte à toutes ces préoccupations. Et l’avantage supplémentaire, c’est que c’est que ça répond aussi aux préoccupations des décideurs, des responsables politiques ou d’autres institutions qui ne comprennent peut-être pas toute la richesse des jeux et à quel point ils sont géniaux. Et, tu sais, que ce soit en passant 30 ou 40 heures sur Elden Ring, ou tu sais, de jouer à un jeu indé décalé, et de pouvoir expliquer pourquoi c’est si génial. Alors ouais, c’est un sujet intéressant, et ça nous a tenus en haleine, je crois, ces dix dernières années. Bon, évidemment, tu as créé, ou tu as aidé à fonder le London Games Festival grâce à tes contacts chez Film London et en y créant cette division dédiée aux jeux vidéo."
"Quel genre de soutien t’apportent-ils ? Et comment ça a évolué, vu que, tu sais, le soutien aux jeux vidéo s’est développé au cours de la dernière décennie ? Oui, juste pour te donner un petit contexte : Film London est une agence dédiée à l’audiovisuel qui soutient, tu sais, le cinéma, la télé, la culture, l’animation, les effets spéciaux. Et elle collabore avec de nombreux producteurs et créateurs de contenu, ainsi qu’avec les entreprises qui produisent ce contenu, en leur proposant des lieux de tournage, en les mettant en relation avec des investisseurs et en leur apportant un soutien au secteur en général, puis ils ont ajouté les jeux vidéo à leur champ d’action, il y a un peu plus de 10 ans, et je les ai rejoints pour mettre tout ça en place, en quelque sorte. Je trouve que ce qui a été intéressant, tu sais, pendant toute cette période, et ouais, bien sûr, au début, je crois qu’il y avait des gens qui me disaient : « C’est quoi un film ? Qu’est-ce que fait une ? Pourquoi ça ne passe pas par une autre structure ? Pourquoi ce n’est pas une entité à part ? Mais en fait, tu sais, je crois qu’il y a eu une prise de conscience à long terme, je pense, de la part du secteur de l’audiovisuel au sens large que les jeux vidéo sont, tu vois, leurs égaux, leurs contemporains. Et donc je pense que qu’être mis sur le même plan qu’eux, c’est vraiment important pour la légitimité de notre secteur. Et ça aide à nouer des liens. Ces quatre ou cinq dernières années, on a assisté à une explosion de ces adaptations, de bonnes adaptations de jeux en films. Et on voit des trucs géniaux se passer dans l’autre sens. Et je pense que ces deux secteurs-là, tu sais, le cinéma, le cinéma/la télé, et les jeux vidéo en particulier, vivent un moment super intéressant où ils collaborent davantage, créent des projets plus intéressants, partagent leurs propriétés intellectuelles. Et donc, en fait, on est vraiment bien placés pour ça. On organise une conférence juste sur ce sujet chaque année pendant le festival, qui s’appelle Screenplay. Ça nous a vraiment aidés."
"Et ça m’a été super utile. Avant de me lancer là-dedans, j’étais journaliste spécialisé, j’écrivais sur le secteur. Je connaissais l’industrie du jeu vidéo sur le bout des doigts. Je dirigeais un magazine qui s’appelait Develop. Et je me suis dit : j’ai dû rencontrer des centaines de développeurs de jeux vidéo quand je travaillais là-bas. J’avais donc une très bonne connaissance du secteur du jeu vidéo. Et puis j’ai réalisé qu’ il y avait tout un univers bien plus vaste d’industries créatives derrière nous. Et je pense qu’il suffit de comprendre comment elles fonctionnent. Et puis, grâce à Film London, à mes collègues là-bas et à d’autres personnes issues les secteurs créatifs hors jeux vidéo, les industries créatives et les institutions, leur volonté de s’engager avec l’ industrie du jeu vidéo, tu sais, je pense qu’on peut parfois se montrer un peu arrogants dans le milieu du jeu à propos de ces liens avec d’autres secteurs, mais eux, ils sont tout aussi enthousiasmés par notre croissance et notre potentiel que nous le sommes. Et c’est tout simplement génial de collaborer avec eux. Donc ça a été vraiment génial. Et je ne pense pas que ce projet, le London Games Festival, aurait exister s’il n’avait pas été incubé chez Film London. C’est… c’est un fait, tu vois, donc ouais. Et tu as parlé de Screenplay tout à l’heure, tu sais, on en a brièvement discuté à propos de New Game et tous ces autres événements font partie de la programmation du London Games Festival."
"Comment se passe le processus de sélection pour ajouter de nouveaux événements et développer le festival ? Parce que, encore une fois, chaque année, on dirait qu’il y a de plus en plus de choses à découvrir à chaque nouvelle édition du London Games Festival. On a l’impression d’ajouter un truc nouveau à chaque fois. Je dirais qu’on en est probablement un stade où on est vraiment à l’aise avec le fait que le « New Game Plus », c’est le jeu vitrine avec plein de trucs liés à l’industrie, y compris Screenplay. Du coup, je pense qu’on pourrait ajouter une ou deux petites choses qui seraient spécifiques aux jeux, mais en fait, on est à l’aise . Mais, tu sais, je pense que ce qui a toujours compté, c’est de choisir le bon niche à explorer ou un domaine qui n’avait peut-être jamais été abordé auparavant. Du coup, quand on a commencé, notre événement phare s’appelait le « Games Finance Market », qui existe toujours aujourd’hui."
"Et dans le cadre du festival, les gens, les développeurs, postulent pour y participer, puis ceux qui sont sélectionnés et dont le projet correspond au profil recherché viennent rencontrer des investisseurs et présenter leur projet. On a vu beaucoup d’accords vraiment fructueux en sortir. Et c’était notre priorité absolue, tu sais, une intervention pour faciliter le flux d’affaires, comme on dit dans le monde de la finance, en créant des lieux de rencontre. Et ça a vraiment marché. Et puis, avec Screenplay, c'était il y a environ trois ou quatre ans, le PDG de Film London et moi, on discutait du fait que on voyait de plus en plus de ces adaptations ; on savait que dans certaines régions, comme à Paris et en Allemagne, ils avaient aussi constaté la même chose que nous : on avait des agences cinématographiques qui se lançaient dans le jeu vidéo. Et on savait que c’était un sujet dont on parlait. Et puis, il y a eu, genre, la dernière d’entre nous a fait une apparition à la télé, que le PDG de mon patron avait regardée, et c’était sa première expérience avec cette franchise. Et ça a donné lieu à une conversation super intéressante : « J’ai joué aux jeux », « il a vu la série ». Ouais, on comprend tous les deux cet univers. Et c’est devenu un angle vraiment, vraiment intéressant de dire ça, pas vrai ? C’est pas une question de « c’est un jeu, c’est un film, c’est ceci », c’est maintenant un univers, et la façon dont tu y accèdes dépend de ta plateforme et de ton public. Et donc, tu sais, Screenplay est né d’une discussion sur ce point précis, mais c’est cet événement qui a en quelque sorte a fait boule de neige et a pris un peu d’ampleur. Et maintenant, on s’est pas mal développés. En fait, on est passés d’un petit cinéma. Et maintenant, on organise ça au BFI South Bank, où on invite des producteurs qui réalisent certains de ces films, et on discute avec des entreprises de jeux vidéo qui se lancent à leur tour dans la production cinématographique."
"Parce que, encore une fois, les gens veulent se rencontrer et nouer des liens. Et si tu trouves le bon sujet, tu peux y arriver. Donc, ouais, pour nous, tout est question de trouver la bonne opportunité, et de bien le faire. Et c’était pareil pour le mode New Game Plus, qu’on a ajouté quand on a vu clairement qu’ qu'il n'y avait plus, ou très peu, disons, de vitrines grand public où tu pouvais venir découvrir de nouveaux jeux. C'est pour ça qu'on a ajouté ça. Tu as parlé tout à l'heure du BFI South Bank."
"Qu’est-ce que le soutien continu de la BAFTA signifie pour le London Games Festival ? Parce que je sais qu’elle va y participer. Je ne crois pas qu’ils aient encore annoncé la date officielle. Je pense que même si je pense que beaucoup d’entre nous ne pouvaient pas vraiment deviner quand les BAFTA Games Awards allaient avoir lieu en avril, mais on a publié la semaine approximative pour y inscrire leurs dates. C'est… enfin, je veux dire, ils ont confirmé que ça se passerait juste à côté du BFI South Bank, à Queen Elizabeth ou à South Bank. Et, tu sais, ils sont partenaires du festival depuis le tout . Et je crois qu’avant qu’on soit créés, il y avait en quelque sorte cette semaine du festival non officielle, ou donc chaque année en avril, quand Rez, les BAFTA Games Awards et quelques autres événements avaient lieu."
"Et donc, tu vois, ils ont compris l’intérêt d’un événement plus important, avec un rappeur qui soit au cœur de tout ça. Ça attire du monde en ville, tu sais, pour assister à leurs événements et, tu sais, et vice versa. Et je pense, je pense que, spirituellement, les BAFTA sont vraiment en phase avec ce ce qu’on fait, parce qu’ils sont, ils sont, ils sont hyper concentrés sur le savoir-faire, la qualité et le talent. Et c’est vraiment ce qui compte quand tu organises un festival en général, et ça compte vraiment dans le domaine des jeux vidéo. Et je pense qu’à l’international, ils ont une si bonne réputation que les gens viennent spécialement pour cet événement. Et maintenant, on a un truc où les gens viennent à la fois pour la cérémonie de remise des prix et le festival. Et l’un peut être plus prioritaire que l’autre, parce que si tu es nominé aux BAFTA, c’est probablement la seule chose à laquelle tu penses cette semaine-là. Mais tu es peut-être juste un spectateur du festival qui est venu pour ça, et qui ira peut-être ensuite à la cérémonie de remise des prix, ou qui regardera même regarder la cérémonie en ligne pendant que tu es là-bas. Ou tu pourrais aller à l’un des événements liés aux jeux vidéo qu’ils organisent parfois après les projections pendant le festival, tu pourrais y aller. Donc, tu vois, on a quelques partenaires de ce genre. Ils ont vraiment été précieux pour faire grandir le projet. Et, tu sais, on a une vision commune pour ça. Bon, l’un des grands changements qui va avoir lieu en 2027, c’est que tu vas changez encore de lieu. J’étais présent à l’événement plus tôt cette année. C’était un super endroit, mais la demande ne cesse de croître chaque année, pas vrai ? Il faut donc trouver un endroit plus grand. Alors, qu’est-ce qui fait du Business Design Centre un lieu d’accueil si efficace pour l’édition de 2027 ? Ouais, je suis vraiment impatient de découvrir cette partie du festival l’année prochaine. Et comme tu le dis, ouais, on a encore changé de lieu. On avait ce problème récurrent avec le festival : on finissait par devenir trop nombreux pour tous les lieux ou on les remplissait à craquer quand on y était. Et c’était c'était clairement un problème. On avait un lieu génial pour New Game Plus, mais comme tu l'as vu, il était bondé. Il y avait des jeux partout, des gens partout. Et tout le monde a besoin d'un peu plus d'espace, d'après dans les sondages auprès des participants, à part, tu sais, « est-ce que tu peux faire venir plus de développeurs de renom ? ». La deuxième question était : « Tu pourrais aller dans un endroit plus spacieux ? » Donc, en tenant compte de tout ça, et c’est à long terme, c’est quelque chose que je voulais faire. On va donc au Business Design Centre à Islington."
"On va y organiser New Game Plus, ainsi que notre programme dédié à l’industrie, et je pense qu’il y aura aussi d’autres petites animations, des événements éphémères, le tout sous un même toit. Et ça facilite les choses pour mon équipe et moi, même si tout se passe au même endroit pour la plupart de nos activités. C’est plus simple pour beaucoup de participants, parce que c’est un seul endroit. Et, tu sais, c’est aussi un espace plus grand, donc on peut y faire plus de choses là-dedans, pas vrai. Et je pense, tu sais, qu’avec le temps, je m’attends à ce qu’on y reste pendant quelques années, au moins. Si ce n’est pas pour toujours, tu sais, ça a commencé par un événement, qui sait. Mais ouais, ça nous donne juste de la marge de nous développer, de grandir, et de pouvoir ensuite le faire régulièrement au même endroit, pour que les gens sachent où ils peuvent revenir. Je pense, tu sais, qu’avoir un… on a toujours un programme à l’échelle de la ville, c’est vraiment important. Mais en même temps, tu sais, on a eu des gens, surtout cette année, qui sont allés à un événement le lundi, puis à un autre le mardi, et le mercredi, et le jeudi, tu vois, dans des lieux tous différents. Et c’est génial pour TfL, parce que ça représente des recettes pour les transports en commun. Mais c’est un peu galère de faire ça, comme tu le sais. Du coup, on est vraiment ravis de ça. Et puis aussi, je pense, tu sais, je pense que c’est un détail relativement mineur, mais le lieu, c’est là où s’est tenu le tout premier, genre, salon professionnel des jeux vidéo au Royaume-Uni. Donc l’ECTS, comme on l’appelait, ou peut-être qu’il s’appelait d’abord CTF, puis ECTS l’année suivante, quand ils l’ont étendu à l’Europe. Désolé, je te raconte trop d’histoire des jeux vidéo. Mais c’est, on a l’impression que c’est un peu le lieu par excellence où ces événements devraient se tenir. Et donc je comprends, tu sais, évidemment, que c'était un événement qui, tu sais, le dernier en date depuis longtemps, était très axé sur le commerce."
"Notre événement est un peu différent, il a une orientation légèrement différente, une ambiance différente, et une ambiance différente. On a toujours des activités liées au secteur, mais il y a aussi des gens qui viennent de qui peuvent juste entrer, acheter un billet et jouer à des jeux géniaux. On veut en quelque sorte être à la hauteur de l’héritage laissé par les événements de jeux événements ont apporté dans cet espace, tout en y apportant notre touche personnelle. Mais ouais, c’est, c’est super excitant à faire. Je pense qu’il y a plein, vraiment plein d’avantages à se retrouver tous au même endroit. Mais à Londres, il n’y en a pas tant que ça, la liste des lieux de plus en plus grands où on peut aller. Du coup, il faut qu’on voie comment on développe ça et quelle partie on continue à développer ?
Est-ce qu’on développe d’autres événements ? Ouais, tout ça, c’est à voir. Mais je pense que dans un avenir proche, on sera au BDC l’année prochaine et les années suivantes. Je fais juste une petite parenthèse pour parler du secteur dans son ensemble, parce que je dirais que 2026 a été une année plutôt intéressante."
"Par moments, l’ambiance était un peu morose, tu sais : l’essor de l’IA, des licenciements partout, la disparition des supports physiques, les hausses de prix, les pénuries de composants. C’est comme si tout s’accumulait et ça peut parfois sembler un peu accablant, surtout pour ceux qui sont incroyablement investies dans ce milieu. Mais de ton point de vue, toi qui as beaucoup d’expérience et qui es très impliqué dans l’industrie du jeu vidéo, surtout au Royaume-Uni, comment vois-tu la santé actuelle de l’industrie du jeu vidéo, tant à l’échelle mondiale que chez toi ? Ouais, on a vraiment l’impression que ça a été une année riche en actualités folles, pas vrai, pour les jeux vidéo. Et je pense que, surtout dans le secteur, ça a parfois été assez douloureux, il faut bien le reconnaître. Je dirais que l’une des choses qui me revient souvent à l’esprit, c’est évidemment que certaines des choses qu’on lit et qui se passent dans l’industrie mondiale du jeu vidéo se produisent en réalité à cause de décisions prises par des qui opèrent dans d’autres pays. Et donc je pense que beaucoup de ces, beaucoup de ces de ces licenciements, et ce sentiment de morosité qui les entoure."
"Je crois qu’il y a eu des chiffres qui sont sortis, peut-être en début d’année. Beaucoup de ces licenciements ont eu lieu aux États-Unis. Bon, on est tous très sensibles à ce genre de choses, mais c’est très facile de regarder ça et de penser que c’est un problème international et pas un problème géographique.
Mais en fait, je pense que le Royaume-Uni s’en est plutôt bien sorti. Je crois qu’il y a, je crois qu’il y a des statistiques récentes qui indiquent, tu sais, je crois que c’était la semaine dernière qu’elles ont été publiées, que 20 % des personnes dans le secteur du jeu vidéo au Royaume-Uni ont été licenciées ou mises au chômage technique. Et je pense que c’est, c’est, c'est un chiffre assez élevé, et on aimerait tous qu'il soit plus bas. Et c'est, c'est, c'est vraiment horrible quand tu es celui qui en fait les frais, ce qui, ce qui, tu sais, m’est arrivé par le passé, et il y a de très, très nombreuses années, c’est, c’est pas agréable. Mais je pense que ce qui est, ce qui est intéressant vu de notre point de vue, celui de LGF, c’est que nos demandes ne cessent d’augmenter. On continue à vendre de plus en plus de billets pour des événements. Et je pense que le revers de la médaille, c’est qu’on a vu une vague de nouvelles entreprises de jeux vidéo, une vague de gens qui ont quitté leur boulot, qui veulent lancer leur propre jeu ou se lancer dans un nouveau projet, et qui ont besoin d’endroits pour le présenter, d’endroits pour rencontrer des investisseurs. C’est pour ça que le festival est important pour eux. Et c’est le service qu’on propose."
"Et, tu sais, on fait de notre mieux, on a d’autres programmes en dehors du festival, comme un accélérateur. Et, et, et l’accélérateur, deux programmes d’accélération, désolé, c’est pour ça que j’ bafouillé tout à l’heure, qui visent tous à aider les nouveaux talents à développer leurs compétences et à percer.
Et on cherche de nouvelles façons de le faire avec d’autres… avec d’autres pays, en fait, parce que ils sont venus nous voir en nous disant : « On adore ce que fait Games London, est-ce qu’on pourrait faire pareil, mais aussi dans d’autres domaines, tu vois ? Alors, tu sais, qu’est-ce que ça veut dire pour les créateurs de contenu ? Qu’est-ce que ça veut dire pour les pros qui essaient, tu sais, de progresser dans leur carrière, ou peut-être pas de se lancer une entreprise. Et puis il y a d’autres aspects, on a l’impression que c’est un secteur plus bruyant, c’est une façon de voir la situation. Et puis, en plus de tout ça, il y a ça : ce qui semble parfois si déroutant, que la demande de jeux n’a pas disparu. En fait, elle ne cesse d’augmenter elle aussi. Les dernières statistiques du marché britannique publiées en début d’année indiquaient que plus de 8 millions… 8 milliards, pardon, avaient été dépensés en jeux vidéo l’année dernière. Et tout ce qui touche aux jeux vidéo, genre, le film Minecraft a contribué à une partie de ce chiffre. Je pense que ça prouve juste qu’il y aura toujours un engouement pour ça."
"Et le secteur continue de passer par ces cycles parfois pénibles. Tu sais, en tant que festival, on essaie de trouver des moyens de… On ne peut pas régler ces gros, ces gros problèmes, mais on peut aider les gens en chemin, pendant qu’ils avancent vers la prochaine solution. Peut-être que certains de nos programmes peuvent les aider à trouver un nouvel emploi, un nouveau contrat, une nouvelle opportunité. Ouais, on a vraiment l’impression que c’est presque un petit changement de garde, avec la chute des grandes agences de publicité bien établies, et on assiste à une sorte d’essor des studios AA et indépendants. Ouais. Mais bon, pour finir, une dernière question alors, Michael, parce que ça fait un bon moment que je suis là, mais, tu sais, quelle est la prochaine étape pour le London Games Festival ? Tu vois, jusqu’où le salon peut-il encore se développer et, tu sais, quelle est ta vision ultime pour lui ? Tu sais, on a, on a ce soutien supplémentaire du gouvernement national pour les prochaines années, dans le cadre de ce qu’ils appellent le « Games Growth Package » (paquet de croissance des jeux) du plan sectoriel de l’industrie créative, ça fait beaucoup de mots, mais bon, je pense que notre position, en quelque sorte, c’est de passer d’un seul site, avec plein de trucs géniaux autour, c’est en quelque sorte notre vision à moyen terme, et on veut développer ça. Je pense qu’avec le temps, je veux réussir à, je veux susciter l’enthousiasme du reste du secteur dans notre pays pour cet événement et faire en sorte qu’il soit perçu comme un point de convergence. On bénéficie d’une super couverture médiatique, on accueille des participants internationaux de premier plan, tu sais, ce qu’on fait n’est pas forcément comparable aux autres grands événements du secteur des jeux au Royaume-Uni, ni même, tu sais, à un événement comme la Gamescom, où on a une approche très différente de la question. Chez nous, c’est la culture qui prime, et on veut vraiment interagir avec le public et de faire émerger sans cesse de nouvelles choses. On ne peut pas toujours se concentrer sur les entreprises bien établies qui, comme tu l’as dit, traversent de toute façon une période un peu difficile. Il y a ça, et, tu sais, je pense qu’avec un peu de chance, dans quelques années, on aura plus de participants et on sera encore rendez-vous incontournable du calendrier. Et, tu sais, j’espère qu’une fois que le secteur se sera un peu stabilisé à certains de ces changements, on comprendra ce que ça signifie pour tout le monde. Mais je pense, comme je l’ai dit, je pense que la demande pour les événements est en hausse. Les gens veulent aller à des événements et voir des matchs. Les gens veulent jouer à des jeux. Les gens jouent plus que jamais. Donc, c'est, c'est, espérons-le, une bonne chose pour nous."
"Bon, c’est peut-être la fin du monde par-ci par-là, mais ce n’est pas le cas pour le Festival de Londres . Ouais, ouais. Je veux pas avoir l’air trop prétentieux en disant ça, mais ouais, on vit un, on vive une super expérience, on est sur une super lancée là-bas. Génial. Bon, Michael, merci beaucoup de m’avoir accordé cet entretien aujourd’hui. Ça a été un vrai plaisir d’en apprendre davantage sur tout ça."
"Comme on l’a dit tout à l’heure, le London Games Festival 2027 est prévu du 12 et le 19. On va se retrouver dans des lieux plus grands pour de nombreux événements liés au Business Design Centre. Et comme Michael l’a laissé entendre, on a plein de projets en perspective aussi. Alors reste à l’écoute pour d’autres infos. Sinon, c’était la dernière interview de Game Rector, et on se retrouve tous à la prochaine."