Daria nous a impressionnés, ainsi que le reste des invités, avec son art à la galerie d'accueil "Cartografie Oniriche" à la veille du festival en Italie. Nous discutons ici de son style, de ses influences et même de son travail sur les jeux vidéo.
"Salut les amis, je suis à Naples pour le 26e Comicon et hier, avant que l'événement ne commence vraiment, on a été invités à une réception où certaines de tes superbes œuvres, Daria, étaient exposées et j'ai adoré ce que j'ai vu, alors j'avais envie d'en savoir un peu plus sur ton travail."
"Alors, que peux-tu me dire sur ce que tu exposais hier ? Hier, il s’agissait principalement de deux albums, Il bestiario del crepuscolo, dont le titre en anglais est The monstrous dreams of Mr. Providence*, et un autre qui parle de Descartes, notre grand philosophe, Skull, donc c'était tiré de ces deux albums et ça faisait 50 planches. Et elles sont toutes en noir et blanc si je ne me trompe pas ?
En noir et blanc, principalement en noir et blanc. Je fais de la bande dessinée en noir et blanc, puis je mets de la couleur numériquement, mais les originaux sont en noir et blanc. Que racontes-tu dans ces histoires, quel est le message que tu essaies de faire passer ? Elles m'ont semblé un peu effrayantes, est-ce qu'il y a un côté plus sombre ? Ouais bien sûr, un côté sombre, mais un côté sombre humoristique. De la satire ? Je ne comprends pas."
"De la satire ? Ouais, exactement, ironique, un peu absurde, tu vois. Alors, de quoi parlent ces histoires ?
L'une d'elles parle de M. Providence, c'est un personnage inspiré de H.P. Lovecraft, mais c'est un H.P.
Lovecraft qui débarque dans mon monde d'aujourd'hui et il est confronté à... il a un problème parce que il ne comprend pas son environnement. Comme à son époque, c'était un vrai marginal et il est un marginal, mais un marginal d’aujourd’hui dans mon histoire, ça, c’est pour M. Providence. Et l’ autre histoire parle du crâne et des os de Descartes depuis 300 ans, donc c’est une aventure, une aventure très drôle quand on pense qu’il s’agit de notre grand philosophe et qu’on ne sait toujours pas si ce crâne, ces os, sont bien ceux de René Descartes, donc c’est l’histoire de ça."
"OK, dans quelles langues ces livres sont-ils disponibles pour l'instant ? Juste en français ? En français, italien, allemand, pour M. Providence, c'est en portugais, anglais, russe, chinois. Pas d'espagnol ? Pas d'espagnol, tu es le seul. On en a besoin. Bon, et hier, quand je les regardais, ils m'ont un peu rappelé Dylan Dog et je te l'ai dit parce que je suis un grand fan, mais tu m’as dit qu’il n’y avait pas d’inspiration là-dedans, alors que peux-tu me dire sur ton inspiration et le style qui est ta marque de fabrique ? Je suppose que ce sont les illustrateurs de la fin du XIXe siècle, comme Arthur Rackham ou Franklin Booth aux États-Unis, ou Gustave Doré en France, enfin ce genre d’artiste qui accorde une grande attention aux hachures ou au je ne connais pas le nom en anglais, mais le dessin. D'accord, et que peux-tu me dire sur la collaboration avec le Comicon ? Tu es venu de France pour montrer ton travail et puis tu as eu cette présentation, c'était hier soir, tu montrais aussi ton travail aujourd'hui, alors qu'est-ce que tu penses de tout ça et que peux-tu me dire sur ce genre de partenariat ? Panini a traduit mon travail et c'est mon premier Comicon, donc ça a été une énorme surprise de voir tout ce monde, c'est un énorme énorme salon, c'était bien, c'était bien et la collaboration, je ne peux pas t'en dire Je ne peux pas te dire grand-chose parce que c'est tout nouveau pour moi et que je suis arrivé hier soir, donc je n'ai pas grand-chose de concret à raconter. Je suis sûr que les fans apprécient ton travail autant que moi hier, est-ce qu’ils adorent ça ? Qu’est-ce qu’ils te disent ? Quels sont les retours ? Les retours étaient très bons et ils adorent le dessin, ils adorent vraiment le dessin, le graphisme. Et il y a un truc que je ne savais pas, c’est que c'est que tu avais aussi travaillé dans le domaine des jeux vidéo par le passé, tu étais concept artist pour Syberia, cette aventure graphique qu'on connaît et qu'on adore, alors que peux-tu me dire de cette expérience ? Qu’est-ce que tu as fait pour ce jeu vidéo et est-ce que ça t’a influencé d’une manière ou d’une autre pour tes projets futurs ? Ça a été une expérience de deux ans, j’ai beaucoup aimé ça car c'était un travail d'équipe et, en tant qu'architecte, on m'a demandé de dessiner la ville, toutes les villes de Syberia. J'ai donc créé les bâtiments, les bâtiments, la façades des bâtiments et j’ai vérifié que l’intérieur des bâtiments correspondait à l’extérieur, pour que ce ne soit pas comme dans Harry Potter, et donc c’était une super expérience parce qu’on était très libres et que j’ai pu construire toute la ville, donc pour un architecte c’est un vrai rêve. On a adoré aussi, j’ai hâte de lire les livres dans d’autres langues mais bravo pour ton travail et profite bien du reste de l'émission Daria, merci beaucoup."