Un manifestant kenyan a été abattu d'une balle dans la tête devant un centre de quarantaine
Les manifestations contre la construction du centre à Nanyuki, près du mont Kenya, ont paralysé l'industrie touristique de la région – dont celle-ci dépend –, alors que la maladie se propage dans d'autres parties du pays.
D'après des témoins, la police a ouvert le feu sur des manifestants qui protestaient devant un centre de quarantaine américain dédié à Ebola, installé dans la ville de Nanyuki, près du mont Kenya. Sa construction a semé une grande incertitude parmi les agences de tourisme étrangères dont dépend une grande partie de l'économie de la région, axée sur l'écotourisme et les safaris photo vers le mont Kenya et les réserves de rhinocéros.
Un décès a été signalé, causé par une blessure par balle à la tête. La victime est Patrick Wahome, l’un des organisateurs des manifestations contre l’implantation de ce centre, qui appelait aussi à prêter attention aux plus de 500 personnes touchées par Ebola dans la région. Des témoins racontent que des policiers armés et cagoulés ont tiré sans discernement sur les manifestants. Les journalistes de Reuters n’ont pas été témoins de la fusillade, mais ils ont vu le corps sans vie de Wahome, présentant une large blessure par balle à la tête, qui a été chargé à l’arrière d’une camionnette et emmené hors de la zone.
La Commission kenyane des droits de l’homme, une organisation à but non lucratif, fait également état de la détention arbitraire de 19 autres personnes. Un juge de la Haute Cour a rendu à deux reprises des ordonnances interdisant au gouvernement kenyan de prendre des mesures pour construire ou mettre en service le site. Sa dernière ordonnance donnait au gouvernement une semaine pour divulguer tous les accords relatifs à l'installation, mais ce délai aurait également expiré il y a quelques jours.
