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Minions & Monsters

Minions & Monsters

« Minions & Monsters » a quelques super moments et regorge de clins d'œil cinématographiques, mais le film s'enlise un peu.

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La franchise « Moi, moche et méchant » existe depuis si longtemps que tout le monde devrait savoir à quoi s'attendre avec ces films : soit tu les adores, soit tu les détestes. Ou alors, bon, peut-être que tu te contentes de les supporter : ils ont leur charme, quelques gags marrants, et le doublage est génial, mais rester assis pendant nonante minutes à écouter du charabia et de l’humour burlesque, avec des histoires stupides et des personnages encore plus bêtes, ça peut mettre ta patience à rude épreuve.

Minions & Monsters Ce film-là, cependant, comporte quelques éléments particuliers qui le distinguent du reste de la série (à savoir, quatre films « Moi, moche et méchant » et deux films « Les Minions » précédents). Ce septième film de la franchise est en fait un hommage très astucieux au Hollywood classique, soulignant que la comédie physique des Minions s’inscrit véritablement dans la lignée des comédies de Chaplin et de Buster Keaton, dont l’influence restera à jamais présente.

Bien sûr, le film s’adresse toujours aux enfants, mais il regorge de clins d’œil cinéphiles puisqu’il se déroule à Hollywood dans les années 1920, l’invention du cinéma parlant occupant une place centrale dans l’histoire. La première moitié du film est un vrai régal et tire pleinement parti de son cadre : ça commence par un très long prologue où l’on n’entend pratiquement que la langue des Minions, ce qui donne presque l’impression d’un film muet, l’histoire étant racontée par l’action et les expressions. Malheureusement, la seconde moitié revient à une formule bien plus conventionnelle qui oublie son postulat de départ et aurait pu se dérouler n’importe où.

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Minions & Monsters C’est un peu à l’image des Minions eux-mêmes : chaotique, imprévisible, indifférent à toute règle ou logique. À un moment, ils peuvent te surprendre par un coup de génie, pour te décevoir quelques minutes plus tard en retombant dans leurs manies idiotes. C’est presque deux films en un, et malheureusement, le premier est de loin le meilleur. Dès le générique d’ouverture, avec de véritables extraits des tout premiers films réalisés par Muybridge ou les frères Lumière mélangés aux Minions, tu commences à te dire que tu es en train d’assister à quelque chose de spécial.

Oui, c’est encore une série de clins d’œil sans grand fond entre eux, mais ce ne sont pas ces références à la culture pop des années 80, toujours commercialisables, qui apparaissent habituellement dans ce genre de films. Au contraire, c’est une longue lettre d’amour, pleine d’affection et souvent hilarante, adressée au cinéma américain classique, ce qui est rare dans un film pour enfants. Quiconque regarde la première moitié du film, qui dépeint cet Hollywood d’avant la Grande Dépression avec tant de dévotion et de romantisme, va sûrement développer un certain intérêt ou une curiosité pour cette époque, et si un enfant devient cinéphile en regardant un film des Minions, alors ce film aura largement valu le coup.

Minions & Monsters

Malheureusement, juste au moment où ça pourrait devenir particulièrement intéressant, et même émouvant au-delà d’une simple rafale de clins d’œil, l’histoire prend des tournants vraiment bizarres, certains personnages sont laissés de côté et de nouveaux personnages sont introduits qui semblent complètement hors de propos (et certains anachroniques, comme cette représentation de la science-fiction pulp datant de quelques décennies plus tôt), et ça se transforme en un film bien plus conventionnel.

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Il y a les Minions, et il y a des monstres, donc ce n’est pas comme s’il ne tenait pas ses promesses, et il conserve quand même un peu de l’étrangeté de la première moitié, mais ça sert complètement une histoire bien plus prévisible qui se prend un peu trop au sérieux, tout en s’éloignant trop du contexte hollywoodien et du cinéma des débuts qui rendait le film tellement plus intéressant. En soi, ça passe, mais c’est le genre de truc habituel auquel tu t’attends de la part des Minions, ce qui est décevant après une première moitié bien plus sympa… mais le public principal du film appréciera sans doute davantage cette seconde moitié, qui regorge d’action et de petits monstres mignons.

Au final, on a un sentiment doux-amer d’occasion manquée : Illumination était à deux doigts de réaliser un vrai film des Minions captivant, un film qui rendrait hommage aux origines d’Hollywood et en particulier aux comédies muettes de Chaplin et Keaton, auxquelles les Minions doivent tout. Mais les vieilles habitudes d’Illumination, qui affectent aussi les films Super Mario, persistent : l’incapacité à s’engager pleinement dans une seule idée, à laisser aux personnages la place de s’épanouir et de briller, la tendance à bombarder le spectateur de toutes leurs idées sans filtre, juste pour voir ce qui colle, sans se demander d’abord si ça marche vraiment, si ça a du sens ou si ça va améliorer le film plutôt que de le surcharger. Au moins, avec « Minions & Monsters », on peut dire sans hésiter… que c’est «pas si mal».

06 Gamereactor France
6 / 10
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