Le pape Léon XIV critique les dirigeants européens dans un discours sur l'immigration : les mers sont des "cimetières sans pierres tombales"
Le pape Léon XIV a critiqué les politiques inutiles des dirigeants européens en matière d’immigration, alors que des milliers de personnes perdent la vie et leur dignité.
Le pape Léon XIV s’est montré plus explicite que jamais dans sa critique des politiques anti-immigration en Europe, lors de sa visite aux îles Canaries, dans un discours prononcé au port d’Arguineguín, à Grande Canarie, qui, en 2020, a accueilli près de 3 000 réfugiés africains entassés pendant des mois, et qui a été surnommé le « port de la honte ». « L’Europe ne peut pas proclamer la dignité humaine et s’habituer à ce que la Méditerranée et l’Atlantique soient des cimetières sans pierres tombales », a déclaré le pape dans un discours émouvant. « Chers migrants, je veux m’incliner devant ta dignité. Vous êtes des personnes qui avez laissé derrière vous des familles et des foyers, avec des rêves que personne n’a le droit de mépriser », a déclaré Léon XIV lors d’un événement auquel ont assisté des migrants, des travailleurs et des autorités, dont le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez et le président des îles Canaries, Fernando Clavijo, comme l’a rapporté l’agence EFE.
Le discours du pape intervient à un moment où la société espagnole est divisée, le parti d’extrême droite Vox parlant d’une "priorité nationale" qui reléguerait au second plan l’aide humanitaire aux immigrés, et certains membres de la hiérarchie ecclésiastique espagnole s’alignant sur ces politiques d’extrême droite. Ironiquement, ses propos s’alignent davantage sur ceux des partis politiques de gauche en Espagne, ce qui a intensifié les tensions au sein des institutions. Mais son discours s’adresse à l’ensemble de la communauté internationale et aux autres dirigeants européens qui n’ont pas réussi à résoudre la question des réfugiés entrant sur le continent et qui ne leur ont pas apporté d’aide ni de dignité, les laissant souvent mourir en mer. « Il ne suffit pas de gérer les arrivées, de répartir les chiffres, de renforcer les frontières ou de déplorer les morts quand elles se sont déjà produites. Chaque bateau qui arrive n’apporte pas seulement des migrants ; il apporte avec lui une question : quel genre de monde avons-nous construit si tant de nos frères et sœurs doivent risquer la mort pour chercher la vie ? »
Cette visite à Grande Canarie est l’une des dernières étapes du voyage d’une semaine du pape Léon XIV en Espagne, un jour après avoir inauguré la dernière tour de la Sagrada Familia à Barcelone et rencontré des victimes d’abus sexuels à Madrid.
