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La Commission belge s'acharne sur les lootboxes

Elle pourrait aller jusqu'à lancer des poursuites judiciaires.
Sam Bishop 11 mai 2018

Que pensez-vous du rapport de la BGC ?

Dire que les lootboxes sont un sujet polémique serait un euphémisme. En effet, le sujet touche beaucoup, allant du joueur irrité de devoir ré-investir de l'argent dans un jeu qu'il a déjà payé pour pouvoir obtenir des items a des organisations en dehors du gaming. Dernièrement, la Belgian Gaming Comission, ou BGC, s'est penché sur la question, allant jusqu'à requérir des poursuites judiciaires contre EA, Activision Blizzard ou encore Valve, comme le rapporte le site GamesIndustry.biz.

La BGC a récemment publié un rapport sur la pratique stipulant entre autres et comme beaucoup de rapports sur la question avant lui, la définition de ce qu'est et n'est pas le pari. De plus, il est également évoqué la manière dont les entreprises susmentionnées dépassent les limites avec des jeux tels que Overwatch, FIFA 18 ou encore CS:GO. C'est pour cette raison que la commission suggère des poursuites judiciaires même il faut pour ça que le ministre de la justice Koen Geens, rencontre les actionnaires afin de discuter du problème. Cependant, les éditeurs n'étaient pas les seules cibles puisque les détenteurs de licence comme Disney ou la FIFA, puisque ces derniers ne prêtent visiblement pas assez d'attention à ce qui se trouve dans leurs jeux.

Durant l'interview accordée à nos confrères de GamesIndustry.biz, le directeur de la BGC Peter Naessens explique :

"Nous allons prendre tout le temps necessaire à l'élaboration de rapport de police mais ce ne sera pas pour tout de suite. Nous laissons du temps au ministre de la justice, mais notre patience a une limite."

La BGC recommande également la création d'un permis pour les jeux contenant des lootboxes et également afin de clarifier la présence ou non de ces dernières dans les jeux. Une vérification d'âge est également proposée par la commission pour l'achat de jeux ou cartes prépayées, excluant ainsi les mineurs. L'organisation belge requiert également une description explicite des chances de gagner quelque chose, ainsi qu'une limite pour les utilisateurs et un test pour vérifier les générateurs de nombre aléatoires.

Mais qu'est-ce que le pari pour la BGC ? Il est définit ici comme un jeu où un pari peut mener à la fois à une victoire et à une défaite et ou la chance fait partie de l'équation. Voilà pourquoi des lootboxes telles que celles d'Overwatch sont prises en compte : le joueur investit de l'argent réel afin d'essayer d'obtenir des items.

"La probabliité de perdre votre pari (soit le prix de la lootbox) est, évidemment, toujours présente. En effet, il a été admis et prouvé que les joueurs avaient une chance d'obtenir des objets ou items qu'ils possèdent déjà. " explique le rapport "Dans l'achat de la lootbox comme dans l'acquisition du jeu en général, tout ceci peut mener à de la pure manipulation des individus ou d'un groupe de joueurs."

Les jeux de cartes ont souvent été présenté comme une défense face à cet argument mais le président nous rétorque :

"Cela pourrait être considéré comme un pari, mais dans notre législation, il y a une exception. Ainsi, si le jeu de carte Pokémon introduisait dans son système de la roulette russe ou du blackjack pour déterminer du contenu, cela serait problématique et nous nous devrions de l'examiner également. Mais dans notre législation, les jeux de cartes sont exempts de sanctions. Si les jeux de cartes Pokémon introduisaient le pari comme élément de leur jeu, ça serait également de notre ressort."

Un des points du rapport de la BGC parle également de la déconnexion psychologique entre la monnaie réelle et cette monnaie virtuelle, qui, tout autant que les éditions limitées ou la présence de célébrités comme Cristiano Ronaldo pour la publicité, normalise le fait de devoir rouvrir son porte-monnaie. C'est l'une des raisons pour laquelle la BGC considère les lootboxes dangereuses, surtout qu'il n'y a aucune limite de dépense.

Peter Naessens ajoute également que son organisation est en contact avec des officiels tout autour du monde : en Asie, Amérique et même d'autres pays d'Europe comme l'Espagne et l'Allemagne.

"Je ne peux pas dire si il y aura une approche commune européenne. Mais au moins, il y a un sentiment d'inquiétude commun parmi les régulateurs sur les lootboxes et l'utilisation de mécaniques de pari dans les jeux vidéo. On peut donc penser qu'il y aura discussion."

Au cas où vous l'auriez oublié, les Pays Bas ont récemment déclaré officiellement que les lootboxes constituaient une forme de pari, spécialement celle qui "ne requiert aucune forme de skill et contiennent des items non échangeables, tenant leur valeur de marché en dehors du jeu. " Des jeux comme PUBG, FIFA 18 ou Rocket League se voyaient donc demander de supprimer la mécanique ou de payer des amandes, voire même de se voir interdire de vente.

Ce que tout cela signifie, c'est que la pratique des lootboxes n'est plus contestée par un groupe de joueurs mécontent mais que cela devient une inquiétude aux yeux des corps officiels protégeant les droits des consommateurs. Le PDG de EA, Andrew Wilson, a récemment déclaré que FUT continuerait de mettre les lootboxes en avant mais qu'un travail serait effectué en amont avec des officiels afin de garantir quelque chose de juste.

Nous ne connaissons pas vraiment les conséquences de ce cri collectif sur le long terme ou même si ce dernier changera quelque chose aux pratiques des grands éditeurs. Cependant, nous sommes surs que le débat va encore rester d'actualité un moment, surtout avec l'implication d'organisation officielles comme la BGC.

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