Anker Nebula P1
Ça demande un cas d'utilisation bien précis, mais ça marche super bien maintenant.
Il y a quelque temps, on a testé un projecteur portable de chez BenQ et on a bien montré qu’il était assez facile de trouver des cas d’utilisation pour ce genre de gadget, même s’il comporte des compromis inhérents et un prix élevé.
Anker a généralement l’habitude de faire les choses un peu différemment, de sortir des sentiers battus, alors on avait hâte de tester leur Nebula P1 depuis longtemps. C’est un projecteur qui, même s’il n’est pas portable au sens où il fonctionne sur batterie, l’est à tous les autres égards.
Bon, alors, qu’est-ce que le Nebula P1 peut faire ? Eh bien, c’est un appareil rectangulaire qui pèse 2,38 kilos. Il tient debout sur une surface et ressemble surtout à une enceinte Bluetooth semi-sérieuse. Comme toujours, Anker sait créer des designs assez subtils et bien proportionnés, et c’est clairement le cas ici aussi. En plus, l’objectif est dissimulé à l’intérieur du boîtier, donc difficile de trouver à redire sur l’aspect extérieur.
Quand tu es prêt à l’utiliser, tu peux faire basculer l’objectif vers l’extérieur (il est monté sur un cardan à deux bras réglable à 130 degrés), puis tu déclipses les deux haut-parleurs surround True 2.0, qui sont fixés magnétiquement à l’avant du projecteur. C’est une petite idée géniale d’avoir intégré un système de son surround dans l’ensemble, et comme ils sont fixés par des aimants et des broches pogo, tu peux littéralement les poser dessus et ils resteront bien en place. Ils offrent une puissance de 10 W et prennent en charge le Dolby Audio via la plateforme Soundcore, désormais assez robuste. Oui, techniquement, tu pourrais simplement coupler une enceinte Bluetooth à un autre projecteur, mais ici, tout se fait automatiquement, avec une latence inférieure à 50 ms.
À l’intérieur, on trouve un MediaTek MT9629, une puce quadricœur à 1,5 GHz, ainsi que 2 Go de RAM, 32 Go de stockage pour les applications et un système d’exploitation basé sur Google TV fonctionnant sous Android 11. Ça te donne un accès complet à toute la gamme d’applications de streaming, même si ça reste limité par le fait que 32 Go, c’est vraiment pas beaucoup pour stocker quoi que ce soit. Par contre, l’interface utilisateur est assez réactive, et on n’a pas rencontré de problèmes notables pendant les tests.
L’image elle-même est générée via la technologie DLP à l’aide d’une puce DMD de 0,23", qui offre un rapport de projection de 1,25:1. Ça te permet d’obtenir une taille d’écran d’environ 100 pouces à un peu plus de 2,5 mètres, la taille maximale absolue étant ici de 180 pouces. À cela s’ajoutent un rapport de contraste de 1 500:1, une luminosité de 650 lumens ANSI et une résolution de 1080p. C’est là qu’un des compromis devient évident, car même si l’expérience visuelle est relativement correcte, on rencontre des problèmes aussi bien en plein jour que dans l’obscurité. La luminosité brute ne suffit tout simplement pas à surpasser la lumière du jour ordinaire, et elle ne s’en sort pas non plus s’il y a trop de lumière artificielle dans la pièce. L’image devient tout simplement délavée. Les scènes sombres des films posent aussi quelques problèmes, même dans des conditions idéales : les détails dans les ombres ou les scènes peu éclairées deviennent un peu flous. On a regardé Undertone chez nous, où le contraste est absolument crucial, et là, c’est un peu décevant.
Et puis, il y a le problème de l’absence de batterie intégrée. Oui, ça alourdirait l’appareil, et oui, ça compromettrait une partie de l’expérience si Anker devait innover pour résoudre ces problèmes, mais le Nebula P1 n’est pas vraiment un outil pour les passionnés. Il est fait pour les matchs de foot au camping, les émissions pour enfants à la maison de vacances et les séances de cinéma improvisées projetées sur le plafond de la chambre. Une batterie intégrée serait tout simplement parfaite pour ce qu’est déjà le Nebula P1 . Le boîtier de l’objectif est certifié IP33, et les haut-parleurs sont certifiés IP, alors pourquoi se donner tout ce mal s’il n’est pas conçu pour être emporté partout ?
Cela dit, il y a une prise HDMI 2.1 avec eARC à l’arrière, il est étonnamment réactif en mode Jeu, ce qui réduit la latence à 10 ms, et la qualité de fabrication est à toute épreuve. Dans les cas de figure mentionnés plus haut, tu pourrais bien être séduit par cette combinaison de fonctionnalités plutôt unique, et ce n’est pas vraiment surprenant. On dirait juste qu’Anker a besoin d’une itération supplémentaire pour peaufiner le P1 au niveau conceptuel, afin de s’assurer que toutes ces super fonctionnalités prennent vraiment tout leur sens.


