On observe une petite tendance dans l’industrie cinématographique : certains genres parviennent à remporter un grand succès sans avoir à dépenser des centaines de millions de dollars en budget de production. Alors que les films d’action dépassent souvent les 150 à 200 millions de dollars de coûts de production, l’horreur s’en sort avec une fraction de ce budget, tout en attirant un public énorme qui lui assure des recettes colossales.
Mais pourquoi l’horreur parvient-elle systématiquement à suivre cette tendance ? Comment le cinéma d’horreur peut-il proposer des films que les fans ont envie de voir sans dépenser ne serait-ce qu’une fraction du budget d’un blockbuster d’action ? Lors de notre passage au festival Celsius 232, on a discuté avec le réalisateur espagnol Paco Plaza, connu pour la série « Rec » mais aussi, plus récemment, pour « Sister Death », « The Grandmother » et « Veronica », afin de lui demander son avis sur la question.
« Absolument, et on en a un très bon exemple cette année avec *Obsession*, par exemple, un film à très petit budget qui est devenu un succès parce qu’il touche à quelque chose de profond dans la société. Dans ce cas précis, je pense notamment aux relations toxiques, et je crois qu’on ne sait jamais quand un film va toucher une corde sensible. C’est vrai que les films d’horreur n’ont pas besoin de beaucoup de moyens pour obtenir un super résultat. On a plein d’exemples, de Blair Witch Project à Evil Dead, en passant même par Duel, le premier long-métrage de Steven Spielberg. Pas besoin d’un film à gros budget pour toucher un large public, car ça repose davantage sur le concept et ça aborde un sujet important pour la société au moment de la sortie du film. »
Dans cette interview, on a aussi discuté avec Plaza de son processus de réalisation et du lien ténu qui l’unit à Hideo Kojima. Découvre l’interview sous-titrée ci-dessous pour en savoir plus.